Créativité tous azimuts
Créativité tous azimuts
Par Marie-France Létourneau
La créativité peut s’exprimer de multiples façons, mais pour certaines personnes, elle est le moteur de leur parcours professionnel. Portrait de trois gestionnaires animés par le souffle de cette énergie.
Du musical au sociétal
Marc-André Chagnon a l’habitude de créer. Avec deux amis, il a fondé le groupe de musique électronique Black Tiger Sex Machine (BTSM) et lancé la maison de disques et de gérance d’artistes Kannibalen Records. Autant de projets que l’artiste-entrepreneur continue à mener de front.
Une seule chose a changé : il a accroché ses écouteurs de disc-jockey en 2021, après avoir présenté des spectacles partout dans le monde.
Il se consacre désormais à la gestion de Kannibalen Records, qui représente cinq artistes (y compris BTSM et Apashe) et qui cumule plus d’un milliard d’écoutes sur différentes plateformes numériques. La créativité lui est donc essentielle pour atteindre de nouveaux sommets. « Nous misons sur la gestion de communautés par les médias sociaux et l’utilisation des nouvelles technologies, quelles qu’elles soient », explique-t-il.
En parallèle, le dirigeant concrétise le projet auquel son grand-père, le regretté homme d’affaires André Chagnon, travaillait avant son décès. Le philanthrope souhaitait contribuer à prévenir la maladie d’Alzheimer qui avait emporté sa conjointe, Lucie. Cette jeune pousse à vocation sociétale, Lucilab, et son portail, Luci, sont donc voués à la promotion de saines habitudes de vie pour prévenir les facteurs de risques liés à cette terrible maladie.
« Notre objectif est de travailler avec le gouvernement pour offrir à la population un outil destiné à promouvoir et à adopter de saines habitudes de vie, précise Marc-André Chagnon. Ultimement, nous souhaitons avoir un impact sur la société. »
Marc-André Chagnon
M. Sc. en affaires internationales 2012
Président, Lucilab, et cofondateur, Kannibalen Records
Pour l’amour de la musique
Caroline Louis se nourrit de musique classique depuis l’enfance. Pas étonnant que son parcours professionnel l’ait menée en 2022 à la direction générale de la Salle Bourgie, au cœur du Musée des beaux-arts de Montréal.
Appréciée des mélomanes et méconnue du grand public, cette salle de 465 places est l’un des plus importants diffuseurs de musique classique au Canada. Cet endroit gagne d’ailleurs à être découvert, selon sa directrice, qui souhaite en accroître la notoriété et la fréquentation.
Issue d’une famille éprise de culture, la gestionnaire a étudié en musique avant d’effectuer un MBA à HEC Montréal. Elle aime se définir comme « une artiste en gestion ou une gestionnaire des arts ».
Selon elle, au-delà du volet artistique, tous les pans de son travail font appel à la créativité. « Les communications et le marketing peuvent être très créatifs, soutient-elle. Même chose pour le développement de partenariats. Comment créer de la valeur pour les partenaires et imaginer de nouvelles façons d’être complices, de compléter ce que chacun propose déjà? Y réfléchir permet souvent d’innover. »
Celle qui a travaillé pendant près de 15 ans à l’Orchestre symphonique de Montréal, où elle a dirigé le secteur éducatif, souhaite par ailleurs participer à l’essor de la vie culturelle et musicale au Québec. À ce chapitre, Caroline Louis siège à divers comités, dont le Conseil québécois de la musique et Culture Montréal. « On ne peut pas être créatif en vase clos; l’interaction nourrit la flamme », conclut‑elle.
Caroline Louis
MBA 2022
Directrice générale, Salle Bourgie
Des balados porteurs de sens
Une simple question à laquelle elle a eu du mal à répondre lors de sa maîtrise à HEC Montréal a été déterminante pour Lia Ferranti : « Pouvez-vous identifier des modèles féminins du milieu des affaires? » Elle avait bien quelques noms en tête, mais ils étaient peu représentatifs de la diversité des étudiantes en gestion qu’elle côtoyait au quotidien.
En 2020, pour présenter d’autres exemples inspirants, elle a donc fondé l’agence de création À la trois média avec deux autres diplômées de l’École, Laurence Fafard et Sandrine Royer-Labelle. Le médium du balado a été retenu, et la série « Femmes en affaires » a été lancée. Par la suite, l’entreprise a développé une expertise dans la production de balados ayant pour thèmes des sujets porteurs.
« Ces sujets, axés sur le développement durable ou sur la justice et l’équité, ont des valeurs éducatives et sociales », explique Lia Ferranti, qui est aujourd’hui l’unique propriétaire d’À la trois média. L’entreprise a, par ailleurs, bénéficié du soutien de La base entrepreneuriale HEC Montréal. Elle réalise aujourd’hui des projets maison et des balados pour le compte d’organisations.
« Que ce soit pour le contenu ou les aspects techniques, 80 % de ce que nous faisons sollicite la créativité », estime l’entrepreneure. Afin d’offrir une voix à certains groupes, la PME a même créé un fonds dans lequel est versé un pourcentage de ses contrats. « Il y a des gens qui ont de belles histoires, mais qui n’ont pas les moyens ou le réseau pour les raconter. On voulait trouver une façon de leur donner la parole. »
Lia Ferranti
M. Sc. en management 2021
Cofondatrice et PDG, À la trois média




