Janvier 1998. Une tempête de verglas s’abat sur le Québec et touche durement la Montérégie et Montréal. Les conséquences désastreuses sur le réseau électrique poussent le gouvernement à demander aux organisations de limiter au maximum leur consommation d’électricité. Pour une des premières fois de son histoire, HEC Montréal doit fermer ses portes…

Verglas 1998 HEC Montréal

La tempête de verglas de 1998 est l’une des plus grandes catastrophes naturelles de l’histoire canadienne. Des millions de personnes se sont retrouvées sans électricité, certaines pendant plus d’un mois. HEC Montréal garde encore un souvenir impérissable de cette crise.

Personne ne pouvait prévoir que la crise durerait aussi longtemps, mais c’est lorsque les pylônes électriques ont commencé à s’écraser que le scénario du pire s’est profilé. Alors secrétaire général de l’École, Jacques Nantel se souvient : « On suivait les points de presse, d’heure en heure. C’était tout un casse-tête. Dès qu’on ferme une institution, il faut tout de suite prévoir quand les cours reprendront. Pendant la crise du verglas, ce sont 10 000 étudiants et 2 000 membres du personnel que nous devions garder informés en temps réel, sans Facebook, sans électricité, à une époque où Internet commençait. »

DES ÉTUDIANTS ÉTRANGERS DANS LE BESOIN

Au moment où la crise débute, c’est la rentrée pour la session d’hiver. De nombreux étudiants étrangers descendent de l’avion au pire de la tempête. « Ils prenaient possession de leur logis, où il n’y avait pas d’électricité. Ils ne savaient pas où aller. Nous avions du personnel presque en permanence à l’aéroport pour les accueillir, leur expliquer la situation et organiser leur séjour temporaire, se remémore Jacques Nantel. Ceux qui n’avaient pas d’électricité dormaient à l’École, dans un dortoir de fortune. Je me souviens d’une trentaine d’étudiants belges et français qui sont arrivés sur le même vol. Je leur ai fait visiter l’École pratiquement à la chandelle; on leur a payé la pizza et on les a hébergés. »

PROTÉGER L’ÉCOLE

À l’époque, Robert Bonneau était directeur des services aux étudiants et responsable du service aux immeubles. Soutenu par une équipe engagée et compétente, il a eu la délicate tâche de préserver l’intégrité des bâtiments lors de cette crise. Il était essentiel que les génératrices tiennent le coup et que les « systèmes vitaux » des deux immeubles continuent de bien fonctionner. « La génératrice de l’édifice de la Côte-Sainte-Catherine se trouve sur le toit. Pour l’atteindre, nous devions traverser une véritable patinoire et gravir un escalier en métal dont les marches étaient devenues des cylindres de glace », raconte-t-il.

Pendant deux semaines, l’École a été vidée de ses élèves et de son personnel. « S’y rendre malgré les arbres tombés en pleine rue et sur les voitures pour y découvrir un lieu en mode veille, à l’éclairage minimal, aux couloirs qui semblaient interminables et où plus personne ne circule, ça laisse des images marquantes dont on se souvient encore 20 ans plus tard », souligne Robert Bonneau.

Photos : iStock, Archives HEC – Fonds des Services de production.