En mars dernier, le Québec a été plongé dans une crise sans précédent. Du jour au lendemain, les décideurs que nous sommes avons dû rapidement prendre de nouvelles orientations et faire montre d’une grande agilité pour poursuivre notre mission. Malgré les conditions difficiles, j’ai été particulièrement impressionné par la grande adaptabilité et la capacité d’innovation dont les membres de la communauté de HEC Montréal ont fait preuve pour traverser cette période de forte turbulence.

En un temps record, des cours en mode présentiel ont été offerts à distance pour permettre à nos étudiants de terminer leur trimestre d’hiver. Des professeurs et des groupes de recherche se sont rapidement mobilisés pour apporter leur contribution et faire partie de la solution. Alors que le laboratoire Tech3Lab offrait ses imprimantes 3D pour fabriquer du matériel médical, l’Institut de valorisation des données (IVADO) lançait un appel à propositions pour soutenir en sciences des données et en intelligence artificielle (IA) des initiatives susceptibles d’avoir un impact réel à court terme sur la pandémie. Dans la foulée, le professeur adjoint Jian Tang unissait ses efforts à ceux de Yoshua Bengio, directeur scientifique du Mila, pour développer un système d’apprentissage qui permet d’évaluer de façon rapide des milliards de molécules et d’accélérer ainsi la découverte de solutions thérapeutiques.

« AU SORTIR DE CETTE CRISE, LE QUÉBEC AURA GRANDEMENT BESOIN DE TOUS SES TALENTS POUR SE REMETTRE EN SELLE. LA COMPÉTENCE ET LA PERTINENCE DEVRONT ÊTRE AU RENDEZ-VOUS POUR AFFRONTER LES ENJEUX AUXQUELS NOTRE SOCIÉTÉ DEVRA FAIRE FACE. »

Federico Pasin

DES DIPLÔMÉS QUI IMPRESSIONNENT

Et que dire de nos diplômés qui ont mis – et qui mettent encore – l’épaule à la roue! Je pense notamment à tous les gestionnaires du domaine de la santé et à nos leaders politiques, qui travaillent sans relâche pour nous éviter le pire et nous inspirer le meilleur. À ce chapitre, j’aimerais souligner le travail exceptionnel de notre premier ministre François Legault (MBA 1984) et de notre ministre de la Santé, Danielle McCann (MBA 1988). En parallèle, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon (B.A.A. 1978), s’active déjà à préparer l’après-COVID en lançant des initiatives visant à relancer l’économie québécoise, comme Le Panier Bleu.

Par ailleurs, bon nombre de nos diplômés entrepreneurs n’ont pas hésité un seul instant à répondre à l’appel du gouvernement. À titre d’exemple, Steve Bérard (MBA 2008), PDG de 3B Hockey, a su rapidement transformer son usine de fabrication d’uniformes de la Ligue nationale de hockey pour concevoir des blouses et des masques destinés au personnel des hôpitaux québécois. L’entreprise montréalaise PixMob, qui compte plusieurs diplômés de l’École, a usé de ses contacts en Chine pour faciliter l’importation de matériel médical. Et Mehdi Fichtali, fondateur d’EdLive (entrePrism – HEC Montréal 2019), a mis sa technologie et ses studios à la disposition du groupe Succès scolaire pour offrir des classes virtuelles aux enfants du primaire.

L’APRÈS-COVID…

La tempête est toutefois loin d’être terminée. Au sortir de cette crise, le Québec aura grandement besoin de tous ses talents pour se remettre en selle. La compétence et la pertinence devront être au rendez-vous pour affronter les enjeux auxquels notre société devra faire face. Plus que jamais, nous aurons besoin de nous réinventer, de miser sur l’innovation à la fois entrepreneuriale et sociale non seulement pour assurer le redémarrage de l’économie, mais aussi pour soutenir ceux qui auront été le plus durement affectés par cette crise. Pour relever ce défi de taille, nous devrons faire preuve d’excellence, d’audace, d’agilité et surtout, de bienveillance.

Ces valeurs, que HEC Montréal a fait siennes dans son tout nouveau Plan stratégique 2020-2023, prendront ainsi encore plus d’importance au cours des mois à venir. Plus que jamais, notre École se voudra un véritable carrefour du savoir en gestion qui inspire, innove et rayonne mondialement. Un lieu qui favorisera les rencontres entre les organisations et le milieu de la recherche, afin de développer les compétences et les connaissances essentielles à la relance durable de notre société tout entière.

Car s’il est une chose que cette crise nous aura rappelée, c’est que la vie peut basculer très rapidement. Le Québec n’était-il pas à la recherche de solutions pour contrer une pénurie de main-d’œuvre il y a à peine quelques mois? Dans ce monde en profonde et rapide transformation, une évidence s’impose : apprendre ne se résume plus à acquérir un diplôme à 20 ans, mais à renouveler ses connaissances tout au cours de sa vie professionnelle.

Cette fois encore, comme elle l’a fait toujours fait lors des grandes transformations qui ont marqué le Québec, HEC Montréal entend être là pour soutenir et accompagner les gestionnaires et les organisations qui forgent notre société. ∙