Dans un contexte de profondes mutations de l’épargne et des comportements à la retraite, comment s’assurer que les Québécois – et les Canadiens – se préparent le meilleur avenir possible ? Connaissent-ils les produits que proposent nos institutions financières ? Ceux-ci répondent-ils vraiment à leurs besoins actuels… et futurs ? Les gouvernements ont-ils un rôle à jouer en matière de littératie financière ? C’est justement pour répondre à ces questions déterminantes que l’École a récemment mis sur pied l’Institut sur la retraite et l’épargne. Une première au pays !

Au cours des dernières décennies, les habitudes et les outils en matière d’épargne des Québécois, des Canadiens, de leurs employeurs et des gouvernements ont considérablement évolué, tout comme notre vision et notre définition de la retraite. De nombreuses raisons expliquent ces bouleversements majeurs : notre espérance de vie s’est grandement améliorée, les baby-boomers arrivent en grand nombre en fin de carrière, les travailleurs ne se consacrent plus à un seul employeur et d’importants changements marquent les fonds de pension des entreprises et les régimes publics. Sans parler des avancées technologiques qui nous permettent de contribuer à une offre toujours plus diversifiée de régimes d’épargne (CELI, REER, REEE, etc.) et d’assurance de personne.

Il y a de quoi y perdre son latin et se demander si, en tant que société et qu’individu, on fait actuellement les bons choix. Comment faire la bonne adéquation entre les besoins des consommateurs, le rôle du secteur financier, l’encadrement réglementaire et les politiques publiques en matière de retraite et d’épargne ? Peu étudiées dans le milieu universitaire québécois, ces questions constituent désormais la raison d’être de l’Institut sur la retraite et l’épargne.

Michel Patry

Axée sur la recherche de pointe, cette nouvelle entité, qui soutient deux chaires de recherche, vise à mieux comprendre les enjeux liés à la retraite, à l’épargne et à l’assurance. Plus spécifiquement, l’Institut cherchera à rassembler une masse critique de chercheurs issus de plusieurs disciplines et domaines représentés à HEC Montréal et qui s’intéressent à ces questions, à y soutenir le recrutement de professeurs chercheurs de calibre mondial, à favoriser l’organisation d’événements internationaux et à appuyer la diffusion et le transfert des résultats de la recherche portant sur ce créneau spécifique.

En collaboration avec Delvinia, une firme de sondages réputée, l’Institut mènera chaque année une série d’enquêtes sur des sujets d’intérêt. Le recours à un panel Web fiable et reconnu permettra de réaliser des études d’un niveau de complexité supérieur et de mesurer de nombreuses dimensions dans les domaines économique et financier, notamment les perceptions, les préférences et le niveau de littératie financière. Les données de ces enquêtes seront mises à la disposition des chercheurs et des étudiants associés à l’Institut.

En outre, l’Institut recueillera auprès de fournisseurs de services financiers des données qui permettront de réaliser des analyses inédites sur les comportements et les structures des marchés. La banque de microdonnées sur l’épargne et la retraite éventuellement constituée sera également mise à la disposition des chercheurs de l’Institut.

Ainsi, tout semble désormais en place pour qu’HEC Montréal facilite l’acquisition d’une expertise canadienne dans le domaine de la retraite. Ces connaissances névralgiques seront arrimées à des réseaux regroupant les meilleurs chercheurs au monde et contribueront – nous l’espérons – à améliorer les conditions de vie de notre population vieillissante, tout en renforçant la capacité des entreprises et des gouvernements à répondre à ses besoins. Ainsi, notre École jouera une fois de plus son rôle de leader dans la société.

TAUX DE COTISATION DES MÉNAGES CANADIENS

Selon le Recensement de 2016, 65,2 % des 14 millions de ménages au Canada ont cotisé à au moins un des trois grands types de comptes d’épargne enregistrés en 2015, à savoir les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER), les régimes de pension agréés (RPA) et les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI).
Les ménages dont le soutien économique principal était assuré par une personne âgée de 35 à 54 ans étaient les plus susceptibles de cotiser à un REER (46,4 %) et à un RPA (42,2 %). Les plus grands contributeurs à un CELI étaient ceux dont le soutien économique principal était assuré par une personne de moins de 35 ans (40,4 %) et de plus de 54 ans (43,1 %).

SOURCE : STATISTIQUE CANADA