Après trois mandats en tant que directeur de HEC Montréal et une carrière de plus de 35 ans dans cet établissement, Michel Patry est devenu président-directeur général de la Fondation HEC Montréal. Près de 18 mois après son entrée en fonction, son équipe et lui sont actuellement confrontés à d’importants enjeux auxquels s’ajoutent ceux liés à la COVID-19. Des enjeux qui ne peuvent désormais être omis dans l’équation de toute organisation et qui constituent un véritable défi.

« À l’heure actuelle, notre défi est triple, souligne Michel Patry. Il nous faut composer avec la situation difficile actuelle, mais aussi introduire un certain nombre d’innovations tout en élevant notre jeu pour progresser de manière pérenne. »

Michel Patry

Entrée De La Gauchetière

Vidéo conférence

UNE VISION FONDÉE SUR LE PLAN STRATÉGIQUE DE L’ÉCOLE

Dans le but de définir sa trajectoire pour les prochaines années, l’École s’est dotée d’un plan stratégique qui repose sur une consultation auprès de sa communauté et dans lequel on trouve notamment les initiatives prioritaires suivantes : mettre le cap sur le centre-ville, exploiter le numérique et s’imposer comme LE carrefour en développement durable et en éthique des affaires. La Fondation HEC Montréal, qui a pour mission d’appuyer les projets stratégiques de l’École, est donc appelée à soutenir ce plan en créant les conditions favorables pour les réaliser.

« Ainsi, pour déployer un institut ou un pôle qui aura un impact à Montréal, au Québec et au pays, cela prend un financement qui va bien au-delà des subventions de recherche, explique le PDG. Notamment, pour couvrir les coûts de l’infrastructure et de sa mise en place, mais aussi pour payer le personnel nécessaire à son bon fonctionnement. C’est ici qu’entre en jeu la Fondation. »

CAP SUR LE CENTRE-VILLE

Pierre angulaire du plan stratégique, la construction du nouvel édifice au centre-ville interpelle donc considérablement la Fondation : « Bien que la moitié de son financement provienne de subventions gouvernementales – qui sont les mêmes pour tous les établissements universitaires à travers le Québec –, l’autre moitié doit être assumée par l’École et sa Fondation, précise Michel Patry. Pour nous, il était important que le concept architectural soit représentatif de ce que l’École est devenue et aspire à devenir : un lieu d’innovation et d’excellence. Or, si on veut viser quelque chose d’un peu plus différent qui a une personnalité, des fonds sont nécessaires. Nous ne serions d’ailleurs probablement pas aussi avancés dans ce projet si la Fondation n’avait pas pris l’engagement de le soutenir financièrement de façon importante. »

EXPLOITER LE NUMÉRIQUE

Autre projet pour lequel le soutien de la Fondation est essentiel : l’exploitation numérique pour soutenir la pédagogie, la recherche, les processus administratifs et les collaborations internes et externes. Dans le cadre de la pandémie, le numérique a d’ailleurs pris une place considérable dans tous les secteurs, dont l’enseignement supérieur. L’École, qui possède déjà une grande expertise en intelligence artificielle, en commerce électronique et en science des données, compte donc accélérer la transformation numérique, ce qui exigera du financement pour la création de chaires, de professorats et d’infrastructures.

« Au cours de mes dernières années comme directeur de l’École, nous avons initié beaucoup de développements dans le domaine du numérique et nous voyons maintenant – et encore plus avec la COVID-19 – à quel point les besoins des entreprises sont énormes à ce chapitre, fait remarquer Michel Patry. L’École a une responsabilité et une ambition : aider les sociétés québécoises et canadiennes – et plus particulièrement les PME qui n’ont pas toujours les moyens d’effectuer cette transition – à adopter les nouvelles technologies et à déterminer les meilleures pratiques par la formation et l’accompagnement, la création de programmes, la recherche et le transfert de connaissances. La COVID-19 nous a d’ailleurs amenés à accélérer des expérimentations et des projets numériques déjà en cours. »

S’IMPOSER EN DÉVELOPPEMENT DURABLE ET EN ÉTHIQUE DES AFFAIRES

La Fondation aura également un rôle primordial à jouer dans l’objectif que s’est donné l’École de s’imposer comme le carrefour de recherche en développement durable et en éthique des affaires.

« On parle ici du développement durable au sens large, qui va de la responsabilité sociale des entreprises à toutes les questions de transition énergétique, en passant par la finance verte ou responsable et l’éthique des affaires, précise le PDG. L’École est déjà active dans ces domaines, mais on prévoit faire une montée en puissance importante, notamment par la création d’un groupe de recherche et de transfert de classe mondiale qui nécessitera la contribution de la Fondation. »

EN PHASE AVEC LES ASPIRATIONS DE L’ÉCOLE

En raison de la pandémie, l’École est confrontée à de nouvelles inquiétudes quant aux coûts additionnels et à une fréquentation incertaine, notamment du côté des étudiants étrangers.

« Cette situation illustre exactement en quoi la Fondation peut jouer un rôle stratégique, soutient Michel Patry. Notre organisation est en mesure d’assurer à l’École du financement pour qu’elle puisse, malgré le contexte actuel, introduire des innovations, créer de nouveaux centres d’expertise, déployer du personnel et, éventuellement, quand les conditions le permettront, continuer plus facilement sur sa lancée. Elle permet à l’École de se projeter dans l’avenir et d’avoir l’ambition d’offrir des formations et de financer des unités de recherche de calibre international. À ce chapitre, je me plais souvent à dire que la Fondation est un outil de démocratisation de l’excellence. » ∙

Photos : Maxime Desbiens (portrait de Michel Patry), HEC Montréal et iStock.