L’accompagnement et l’accès au financement sont des étapes cruciales dans le processus de démarrage d’une entreprise. Pour les immigrants, le défi est encore plus grand, puisque plusieurs programmes d’aide à l’entrepreneuriat ne leur sont pas accessibles. HEC Montréal innove et change la donne avec entrePrism, un incubateur à la vocation immersive et inclusive.

Luis Cisneros

Luis Cisneros

« Au Canada, la presque totalité des incubateurs est fermée aux immigrants qui n’ont pas la résidence permanente », souligne Luis Cisneros, directeur scientifique à entrePrism, un programme créé grâce à un don de 2,5 millions de dollars provenant de la Fondation Mirella et Lino Saputo. « On accueille bien les immigrants, mais il y a encore matière à amélioration pour soutenir les entrepreneurs immigrants », ajoute-t-il.
Le modèle d’accompagnement développé par entrePrism repose sur la contribution de professeurs, de professionnels, de travailleurs autonomes et d’entrepreneurs. « Cela nous distingue des autres incubateurs, où la majorité ne travaille qu’avec des professionnels. Nous mobilisons le savoir des professeurs, le savoir-faire des professionnels et le savoir-être des entrepreneurs », poursuit Luis Cisneros. De plus, par le biais d’un programme de stages rémunérés par entrePrism, les étudiants de HEC Montréal des premier et deuxième cycles sont aussi mis à contribution et aident les entrepreneurs : plan de marketing, aspect comptables, aspects financiers, etc.

LUIS CISNEROS
Directeur scientifique chez entrePrism

quote noireNOUS MOBILISONS LE SAVOIR DES PROFESSEURS, LE SAVOIR-FAIRE DES PROFESSIONNELS ET LE SAVOIR-ÊTRE DES ENTREPRENEURS.quote droite

LA FIBRE ENTREPRENEURIALE DES IMMIGRANTS

Selon l’Indice entrepreneurial québécois 2016 *, les intentions de démarrer une entreprise sont nettement plus élevées chez les immigrants (32,3 %) que dans la population non immigrante (19,6 %). « Toutefois, même s’ils sont davantage prêts à prendre des risques, les immigrants sont souvent découragés par l’ampleur de la démarche et le manque de soutien, nuance Luis Cisneros, qui a collaboré à la réalisation du rapport. Ils mettent beaucoup plus de temps à établir un réseau. Ils arrivent avec de bonnes idées et beaucoup d’énergie, mais il faut aussi connaître les bonnes personnes, la culture du pays, la culture des affaires et surtout, avoir accès à de l’accompagnement et à du financement. Selon lui, c’est ce qui explique que seulement 8,3 des 32,3 % qui souhaitent se lancer en affaires y parviennent. entrePrism devient donc un outil important pour l’intégration sociale et économique de ces entrepreneurs. »

Cohorte 2017

(1) Cohorte 2017 d’entrePrism en séance de travail. (2) Originaire du Maroc, l’entrepreneure Khadija El Bouhali a séduit quatre des cinq investisseurs lors de son passage à l’émission Dans l’œil du dragon, en avril 2016.
Photo de K. El Bouhadi : Yanick MacDonald

LE SUCCÈS DE CousMos

Khadija El Bouhali a fait partie de la première cohorte de participants à entrePrism. Elle s’est notamment illustrée lors d’un passage remarqué à l’émission Dans l’œil du dragon en présentant CousMos, son entreprise de couscous prêts-à-manger, pour laquelle elle a obtenu l’appui de quatre des cinq investisseurs. À l’incubateur, elle a profité de tous les services, du réseautage aux espaces collaboratifs. « En tant que femme immigrante, il y a beaucoup d’obstacles à surmonter avant de gagner la confiance des gens. C’est une réalité avec laquelle je dois composer. Mais pouvoir dire que j’étais soutenue par HEC Montréal et entrePrism m’a beaucoup aidée », soutient l’entrepreneure.


* L’Indice entrepreneurial québécois 2016 est présenté par la Fondation de l’entrepreneurship et la Caisse de dépôt et placement du Québec, en partenariat avec l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale – HEC Montréal et Léger.