Le 13 mars dernier, le Québec tout entier est mis sur pause. La pandémie de COVID-19 doit être freinée. Les travailleurs de tous les horizons sont contraints au confinement et au télétravail. À HEC Montréal, la gestion de la crise est amorcée depuis des semaines, plus d’une centaine d’étudiants se trouvant au cœur de l’épicentre de la crise en Asie. Dès le départ, cette situation sans précédent exige de l’École et de ses employés une adaptation de tous les instants, et c’est loin d’être terminé.

DU CAS PAR CAS

Rentrer ou pas à la maison ? Cette question, plus de 350 étudiants répartis dans 44 pays et 230 étudiants étrangers établis à Montréal ont dû se la poser rapidement. « La décision n’a pas toujours été facile à prendre, souligne Geneviève Benoit, gestionnaire de programmes – Mobilité étudiante, à HEC Montréal. Nous avons dû fonctionner au cas par cas et lorsqu’on a commencé à fermer les frontières, de nombreux étudiants se sont retrouvés coincés. Rapidement, le prix des billets d’avion a explosé et nous avons offert un soutien financier à certains d’entre eux pour les aider à rentrer au pays. » Évidemment, coordonner la suite de la session en devant négocier avec 141 établissements partenaires à l’international – qui ont chacun leur façon de faire – n’a pas non plus été de tout repos. « Nous avons offert le maximum d’options aux étudiants, mais certains ont dû faire face à des situations impossibles. Comme devoir suivre un cours à deux heures du matin parce qu’il se donnait en mode synchrone à l’étranger. » Cet automne, la déception est aussi vive pour ceux qui avaient prévu partir. En fait, toute la mobilité étudiante a été annulée et certains de ceux qui devaient venir étudier à Montréal assistent désormais à leurs cours à distance.

GENEVIÈVE BENOIT

quote noire LES DÉCISIONS N’ONT PAS TOUJOURS ÉTÉ FACILES À PRENDRE. NOUS AVONS DÛ FONCTIONNER AU CAS PAR CAS.quote droite
GENEVIÈVE BENOIT
Gestionnaire de programmes –
Mobilité étudiante

COMMENT ALLEZ-VOUS ?

Ailleurs, mais aussi ici, le quotidien des étudiants a été totalement chamboulé. Pour s’assurer que ces derniers se portent bien, un sondage a été envoyé pour s’informer de la situation de chacun. Sans grande surprise, bon nombre ressentaient du stress et de l’anxiété. « Nous avons donc rapidement offert tous nos services de soutien, en ligne : aide psychologique, soutien à la réussite et aux étudiants en situation de handicap, raconte Maud-Andrée Lemieux, coordonnatrice du Secteur vie étudiante, accueil, intégration et immigration.

À ces initiatives se sont ajoutés une multitude de webinaires destinés à les aider sur différents plans, notamment en matière d’immigration. Préserver l’esprit de camaraderie qui règne à l’École a aussi été une préoccupation pour le personnel et pour les regroupements étudiants, qui ont travaillé d’arrache-pied pour trouver des solutions adaptées à toutes les clientèles. « Des challenges et des défis ont rapidement été lancés à distance, rapporte la coordonnatrice. Même sur le plan de l’accueil des nouveaux étudiants, tout a été fait pour que ce soit le plus dynamique et le plus interactif possible. On a organisé des concours, des visites guidées virtuelles, des clavardages en direct… »

MAUD-ANDRÉE LEMIEUX

quote noire NOUS AVONS RAPIDEMENT OFFERT EN LIGNE TOUS NOS SERVICES DE SOUTIEN : AIDE PSYCHOLOGIQUE, SOUTIEN À LA RÉUSSITE ET AUX ÉTUDIANTS EN SITUATION DE HANDICAP.quote droite
MAUD-ANDRÉE LEMIEUX
Coordonnatrice – accueil, intégration et immigration, secteur de la vie étudiante

LE BEAU À TRAVERS LA TEMPÊTE

Cette tempête a donné lieu à plusieurs constats, notamment la grande résilience de chacun. « Il y a eu beaucoup de partage et de solidarité entre les différents départements, mais aussi avec d’autres universités. La pandémie ne nous laisse pas beaucoup de repos, mais elle est la source de nouvelles façons de faire et nous permet même d’explorer de nouvelles collaborations à l’international », déclare Geneviève Benoit. ∙

Illustration : VectorStock