La bibliothèque de HEC Montréal vient d’entrer dans le 21e siècle. Son directeur, Bernard Bizimana, a reçu le mandat d’en repenser le modèle d’affaires afin de mieux servir non seulement les étudiants et les professeurs-chercheurs, mais aussi les diplômés. Ce Rwandais d’origine s’est inspiré du proverbe africain « il faut tout un village pour élever un enfant » et a ainsi pu compter sur la grande communauté de l’École pour mener à bien son projet.

Ce mandat semble d’ailleurs taillé sur mesure pour lui. Depuis son arrivée au Québec, Bernard Bizimana a obtenu une maîtrise en bibliothéconomie et une autre en informatique. Embauché à la bibliothèque de HEC Montréal en 2005, il en est le directeur depuis 2016.

Bernard Bizimana

quote noire POUR EXPLOITER AU MAXIMUM LA RICHESSE DE NOS DONNÉES, IL FALLAIT DÉVELOPPER DE NOUVEAUX SERVICES ET UNE NOUVELLE EXPERTISE.quote droite

BERNARD BIZIMANA
Directeur de la bibliothèque de HEC Montréal

MISER SUR LES TECHNOLOGIES

« Cette réforme aura un impact important sur la gestion et la diffusion des connaissances produites à l’École, explique-t-il. Pour exploiter au maximum la richesse de nos données, il fallait développer de nouveaux services et une nouvelle expertise. »

En marge de cette modernisation déjà bien entamée, deux analystes de données se sont joints à l’équipe de la bibliothèque de l’édifice Côte-Sainte-Catherine. Leur mission : guider les usagers dans le traitement et l’exploitation des données de nature économique, financière, marketing, etc.

Une plateforme de libre accès, baptisée « Zone Recherche », a aussi été déployée récemment. Sur le portail reflexion.hec.ca, actuellement en développement, on pourra consulter les diverses publications des chercheurs de l’École.

Le mandat de Bernard Bizimana arrive à point nommé, alors que l’École pilote la construction d’un nouvel édifice qui ouvrira ses portes en 2022 dans le quartier des affaires, au centre-ville de Montréal. Cet immeuble ne comportera ni livres ni rayonnages. À la place, des espaces de travail, des terminaux et, bien sûr, des spécialistes qui, à distance, aideront la clientèle dans ses recherches.

LE SAVOIR : UN ACTIF STRATÉGIQUE

L’École étudie actuellement la façon dont elle pourrait aider ses quelque 100 000 diplômés dans leur développement de carrière en leur donnant accès à cette bibliothèque repensée.

Pour ce faire, Bernard Bizimana a pu compter sur l’aide de plusieurs dizaines de professeurs et d’étudiants. L’expert en innovation Laurent Simon, professeur titulaire à HEC Montréal, a d’ailleurs mis ses étudiants du MBA à contribution pour élaborer différentes stratégies et repenser cette bibliothèque du futur. « Le développement de ce nouveau modèle d’affaires témoigne d’une volonté de ne plus voir la bibliothèque comme le fiduciaire d’un capital dormant, explique Laurent Simon. En ce sens, plutôt qu’un service pas toujours utilisé, la bibliothèque pourrait devenir un indispensable partenaire de veille et de recherche, tant pour les étudiants et les chercheurs que pour nos diplômés qui travaillent dans des organisations où la connaissance représente un actif stratégique. » ∙