Lieux de tous les possibles, les pays émergents sont devenus de véritables eldorados. Ces contrées aux innombrables défis ont un immense potentiel qui suscite l’intérêt des investisseurs, mais aussi celui de bon nombre d’organisations qui souhaitent contribuer activement à leur développement. HEC Montréal entend d’ailleurs y jouer un rôle de premier plan.

Déjà présente dans la Francophonie, et notamment en Afrique, par l’entremise de ses programmes de formation1, HEC Montréal concrétise encore davantage cette mission en s’associant avec Affaires mondiales Canada, l’Agence universitaire de la Francophonie et l’Université de Moncton. Son objectif : innover sur le plan des pratiques pédagogiques et d’accompagnement, dans le cadre de l’Initiative jeunes leaders de la Francophonie, « qui vise à sensibiliser, à former et à encourager l’entrepreneuriat dans certains pays d’expression française », précise l’un des principaux artisans du projet, Federico Pasin, secrétaire général de HEC Montréal.

RÉPONDRE À UN BESOIN PRESSANT

Certes, des initiatives et des structures favorisant l’entrepreneuriat existent déjà dans les pays visés par le programme, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, Haïti et le Sénégal. Mais le potentiel entrepreneurial ne se trouve pas seulement sur les bancs d’université ! On peut aussi – et surtout – le percevoir dans les villes et les campagnes, dans la tête et le cœur de personnes qui, en raison du contexte particulier dans lequel elles évoluent, pourront difficilement concrétiser leur rêve de se lancer en affaires. Rejoindre ces personnes, les former aux rudiments de l’entrepreneuriat, les accompagner dans l’élaboration et la concrétisation de leur projet, et mettre sur pied des entreprises viables, pérennes et créatrices d’emplois : voilà l’objectif ambitieux que se sont donné HEC Montréal et ses partenaires.

FRANCK BARÈS

quote noireNOUS NOUS APPLIQUONS ACTUELLEMENT À BIEN CONCEVOIR LE CONTENU D’UN PROGRAMME QUI SERA OFFERT EN LIGNE.quote droite
FRANCK BARÈS
Professeur agrégé et directeur du
Département d’entrepreneuriat et innovation

L’ENTREPRENEURIAT… À DISTANCE !

HEC Montréal s’est vu confier la réalisation de la première étape de cette initiative, qui se déclinera en trois phases distinctes. « Nous nous appliquons actuellement à bien concevoir le contenu d’un programme qui sera offert en ligne, précise le coresponsable du projet à HEC Montréal, Franck Barès, professeur agrégé et directeur du Département d’entrepreneuriat et innovation. Pour ce faire, nous mobilisons toute l’expertise développée à l’École, tant en matière d’enseignement qu’en formation à distance avec la plateforme EDUlib. » Cette première étape a pour objectif de proposer dès janvier 2019 une formation destinée à ceux et celles qui aspirent à acquérir des connaissances de base en gestion et en entrepreneuriat.
« Nous comptons ainsi rejoindre quelque 10 000 futurs entrepreneurs et leur offrir dix cours intégrés et complémentaires pour les aider à démarrer leur entreprise », ajoute son complice dans cette aventure, Michel Vézina, professeur titulaire au Département de sciences comptables et directeur des programmes de certificats. Mais attention ! Cette première phase n’empruntera pas les voies traditionnelles de l’enseignement, loin de là. Appuyés par des collègues enseignants de HEC Montréal et de l’Université de Moncton ainsi par que des experts de la Direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique, les deux coresponsables du projet sont à développer ces dix cours sous forme de FLOT (formations en ligne ouvertes à tous), mieux connues sous leur acronyme anglais MOOC (Massive Open Online Course). Ainsi, peu importe où ils se trouveront sur la planète, les participants pourront suivre ces formations à distance, qui leur seront offertes gratuitement. Ces dernières aborderont les aspects essentiels de la gestion et de l’entrepreneuriat, à l’aide de capsules, de vidéos, d’études de cas, de forums de discussion, d’exercices et d’évaluations en ligne.

Objectif du projet

À titre d’exemple, le premier FLOT invitera les participants au programme à définir leur personnalité managériale et entrepreneuriale, tandis que le deuxième mettra plutôt l’accent sur le développement de l’idée à la base du projet d’entreprise, de même que sur la proposition de valeur du produit ou du service envisagé. Au fil de ces dix FLOT, les participants pourront donc acquérir une bonne connaissance des éléments inhérents à la création d’une petite entreprise (marketing, stratégie, finance, comptabilité, gestion des opérations, etc.) et à l’élaboration d’un modèle d’affaires. Dans l’intervalle, HEC Montréal assurera la formation de formateurs qui pourront soutenir les participants sur place, dans leur pays d’origine.

Michel Vézina

quote noireNOUS COMPTONS REJOINDRE QUELQUE 10 000 FUTURS ENTREPRENEURS ET LEUR OFFRIR DIX COURS INTÉGRÉS ET COMPLÉMENTAIRES POUR LES AIDER À DÉMARRER LEUR ENTREPRISE.quote droite
MICHEL VÉZINA
professeur titulaire au Département de sciences comptables et directeur des programmes de certificats

UN TRAVAIL D’ÉQUIPE

Dans la deuxième phase, l’Université de Moncton prendra le relais : 1 100 participants, sélectionnés au terme de la première étape, auront alors l’occasion de peaufiner leur plan d’affaires et d’approfondir leurs connaissances sur des thématiques plus spécifiques aux différents projets. La troisième phase, toujours sous la gouverne de cette université, donnera la chance à 250 entrepreneurs issus de la phase précédente d’intégrer un incubateur d’entreprises et de bénéficier de l’expertise de mentors et de coachs d’ici ou de là-bas. Son objectif : favoriser le développement de ces entreprises.
À terme, soit cinq ans après le lancement du projet, HEC Montréal et ses partenaires ont bon espoir de voir environ 250 projets entrepreneuriaux porter leurs fruits, ce qui permettrait de créer ou de soutenir environ 2 000 emplois directs et indirects. Conscients de l’importance des femmes dans le développement économique et social de ces pays, tous les partenaires impliqués souhaitent que ces dernières soient représentées à parts égales, tant au chapitre des projets portés que des emplois créés.∙

(1) Lire « HEC Montréal déploie ses pièces sur l’échiquier mondial », HEC Montréal Mag, automne 2017.

Photo : iStock