Depuis près de 50 ans, l’École offre de la formation aux quatre coins du monde. Cela lui a permis de tisser des liens avec un nombre impressionnant d’institutions et d’entreprises, mais aussi d’étendre sa renommée. D’ailleurs, quoi de mieux qu’une forte présence à l’étranger pour attirer à Montréal des étudiants de partout sur la planète ? Survol d’une initiative qui a parfois donné lieu à des situations hors du commun.

Olivier Bahn se souviendra toujours d’un de ses séjours en Chine. Le 12 mai 2008, alors qu’il enseignait, la terre s’est mise à trembler. Et pas qu’un peu. Le séisme a oscillé entre 7,9 et 8,3 sur l’échelle de Richter. Le cataclysme a fait quelque 69 000 morts et 20 000 disparus. Heureusement, Olivier Bahn, professeur titulaire au Département des sciences de la décision, s’en est tiré indemne.
« J’ai dû évacuer l’immeuble en plein cours, se souvient-il. Tout vibrait : les murs, les escaliers… J’ai cru que je n’allais pas réussir à sortir du bâtiment. Une fois dans la cour, mes pieds bougeaient sur le sol comme si j’étais sur un exerciseur elliptique. »
Malgré cette expérience éprouvante, Olivier Bahn est retourné un an plus tard au même endroit pour terminer cette formation offerte à des cadres du secteur de l’énergie. « Je me sentais en confiance car, lors du séisme, l’École avait déployé énormément d’efforts pour me rapatrier rapidement. »

Olivier Bahn

Olivier Bahn participe activement depuis 2004 aux programmes délocalisés de deuxième cycle de HEC Montréal. Outre la Chine, il a à son actif des séjours en Algérie, au Congo, au Liban et en Tunisie.

DE VÉRITABLES AMBASSADEURS

Également codirecteur du Pôle e3 (Expertise en énergie et en environnement) et directeur du centre de recherche interuniversitaire GERAD, Olivier Bahn participe activement depuis 2004 aux programmes délocalisés de deuxième cycle de HEC Montréal. Outre la Chine, il a à son actif des séjours en Algérie, au Congo, au Liban et en Tunisie. Le spécialiste en énergie est devenu un véritable ambassadeur de l’École.
Autre digne représentante de HEC Montréal : Rachel Auger. Cette chargée de cours est intervenue dans une demi-douzaine de pays sur trois continents. Spécialisée en finance corporative, elle enseigne notamment l’analyse financière et l’évaluation d’entreprises. Elle est également formatrice auprès de sociétés et d’associations professionnelles.
Au cours des 20 dernières années, Rachel Auger a cumulé plusieurs missions de quelques jours à quelques semaines, le plus souvent pour des programmes non diplômants destinés à des cadres en exercice ou pour un DESS délocalisé. Elle a offert des formations en République démocratique du Congo, en Tunisie, en Algérie, en Haïti, au Liban et en Chine. Elle a également collaboré à l’enseignement de programmes donnés à Montréal à des participants venus d’Afrique, d’Asie et du Proche-Orient.
Lors d’un même mandat d’enseignement à l’étranger, cette mère de trois enfants a déjà séjourné coup sur coup en Tunisie et en Chine. « Du jour au lendemain, je suis passée de la sympathique volubilité des Tunisiens à la sage retenue des Chinois », raconte-t-elle.

Rachel Auger

Rachel Auger a offert des formations en République démocratique du Congo, en Tunisie, en Algérie, en Haïti, au Liban et en Chine. Elle a également collaboré à l’enseignement de programmes donnés à Montréal à des participants venus d’Afrique, d’Asie et du Proche-Orient.

Pour Rachel Auger et Olivier Bahn, enseigner à l’étranger au nom de HEC Montréal est un privilège. Et, on le devine, faire partie de la grande aventure des programmes délocalisés a pour eux quelque chose de grisant.
« Ce sont les rencontres avec mes collègues, les responsables locaux des formations et les participants qui m’enrichissent le plus, explique Rachel Auger, qui a déjà deux formations à son calendrier pour 2020. J’ai chez moi quelques objets qui me rappellent mes séjours et les belles rencontres que j’y ai faites. Ils évoquent pour moi le rire contagieux des Congolais, le calme légendaire des Chinois et les odeurs enivrantes de la nourriture maghrébine. »

Agnès Darmaillacq

Agnès Darmaillacq

Directrice, activités internationales et mobilité étudiante

« LA STRATÉGIE DE L’ÉCOLE A ÉTÉ DE MISER SUR LE RENFORCEMENT DE PARTENARIATS PLUTÔT QUE SUR LA CRÉATION DE CAMPUS À L’ÉTRANGER. AINSI, NOUS MINIMISONS LES RISQUES, RENFORÇONS L’OFFRE DE NOS PARTENAIRES ET BÉNÉFICIONS DE LEUR CONNAISSANCE DES MARCHÉS LOCAUX. »

LA GENÈSE D’UN RAYONNEMENT

Les activités internationales de HEC Montréal prennent leur envol en 1972, année où l’École se lance dans un projet d’appui à la création d’une école de gestion destinée aux cadres de sociétés nationales en Algérie. S’ensuit le lancement du Centre d’études en administration internationale (CETAI), en 1975. Au fil du temps, ce « centre d’excellence » en enseignement et en recherche dans le domaine de l’administration internationale a donné naissance au Département d’affaires internationales, puis au Service des activités internationales et de la mobilité étudiante.
Les chiffres sur la présence de HEC Montréal à l’international parlent d’eux-mêmes. En près de 50 ans, une centaine de professeurs et de formateurs de l’École ont enseigné à des milliers de gens dans plus de 50 pays.
« La stratégie de l’École a été de miser sur le renforcement de partenariats plutôt que sur la création de campus à l’étranger, explique Agnès Darmaillacq, directrice, Activités internationales et mobilité étudiante. Ainsi, nous minimisons les risques, renforçons l’offre de nos partenaires et bénéficions de leur connaissance des marchés locaux. Nous travaillons avec eux sur le long terme. La recette clé : notre réputation et notre flexibilité. Si, avant, nous contribuions à la création d’écoles de gestion ou de programmes, aujourd’hui, nous offrons des programmes de formation conjointement avec nos partenaires. »
Les professeurs et les formateurs de HEC Montréal se déplacent à l’étranger pour offrir des cours dans le cadre de diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) ou d’échanges internationaux au baccalauréat. Ils donnent également des séminaires lors de formations continues sur mesure destinées aux cadres, aux entrepreneurs, aux dirigeants et aux professionnels. Les programmes qui mènent à un diplôme sont offerts en français ou en anglais, alors que les formations non diplômantes peuvent bénéficier de l’aide d’interprètes.
Tous ces liens avec l’étranger facilitent la venue à Montréal d’étudiants désireux d’y compléter leurs études. Aussi, certains d’entre eux participent à de courts programmes d’apprentissage expérientiel (learning expeditions), afin de prendre le pouls de la métropole québécoise avant d’y entreprendre des études à plus long terme. ∙

Illustration : iStock