Comme toute organisation, la crise de la COVID-19 nous a pris au dépourvu en mars dernier. Du jour au lendemain, nous avons dû composer avec une conjoncture des plus incertaines. Comme vous tous, nous avons appris – et nous apprenons encore – à gérer l’inconnu…

Aujourd’hui, avec le recul, je ne peux qu’éprouver une certaine fierté devant tout le travail accompli en si peu de temps. Je suis particulièrement impressionné par la rapidité avec laquelle les équipes de HEC Montréal se sont mobilisées pour soutenir notre communauté et répondre aux nouveaux besoins que cette pandémie a fait émerger en matière de gestion. Une fois de plus, notre École a fait preuve d’agilité et d’innovation pour faire une réelle différence dans notre société.

« EN CETTE PÉRIODE DE CHANGEMENTS ACCÉLÉRÉS, LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE DOIT APPRENDRE À SE PRONONCER PLUS RAPIDEMENT. MÊME SI DES INCERTITUDES DEMEURENT, LES CHERCHEURS EN SAURONT TOUJOURS PLUS QUE CES USURPATEURS. »

Federico Pasin

ENGAGÉS ET COMPÉTENTS

Du côté de la recherche, une cinquantaine de professeurs ont mis leur expertise et leurs compétences à contribution pour faire avancer les connaissances sur des sujets en lien avec la pandémie de COVID-19. Ainsi, des dizaines de projets de recherche ont rapidement vu le jour dans des domaines aussi variés que la gestion du changement, l’organisation du travail, la gestion du système de santé, l’économie, le commerce, la logistique et les chaînes d’approvisionnement, l’adoption de nouvelles technologies et la recherche médicale.

Pour n’en nommer que quelques-uns, des chercheurs de l’Institut sur la retraite et l’épargne réalisent actuellement une vaste enquête sur l’impact de la COVID-19 sur les finances personnelles des Québécois avant, pendant et après la pandémie; des experts de la Chaire de recherche en santé connectée évaluent les effets d’une application mobile qui permettrait aux parents et aux proches aidants d’aînés résidant dans un CHSLD ou en résidence privée de savoir en temps réel ce qui se passe avec leur proche (soins prodigués, prise de médicaments, repas consommés, soins d’hygiène, etc.); des spécialistes en management se demandent comment mieux gérer ses employés en contexte de télétravail; des économistes se penchent sur l’efficacité des mesures gouvernementales en temps de crise et sur les meilleures pratiques à adopter par les entreprises; et des experts en science de la décision misent sur l’intelligence artificielle pour fournir à la communauté scientifique des données fiables et unifiées pour permettre une meilleure compréhension du virus ou encore favoriser la mise au point de médicaments.

L’École des dirigeants a également fait preuve d’une grande agilité. En moins de deux semaines, l’équipe a su élaborer une quinzaine de formations spécifiquement adaptées aux enjeux auxquels les leaders font actuellement face. D’une grande pertinence, ces formations de courte durée abordent des thématiques qui les préoccupent dans l’immédiat, comme la gestion du temps et des priorités en contexte de télétravail, la communication en situation de crise ou encore le leadership à distance. À la mi-avril, un webinaire sur la mobilisation des employés a attiré, à lui seul, plus de 1000 participants. C’est dire à quel point les dirigeants ont plus que jamais besoin de s’outiller en cette période d’incertitude. Pour répondre à cette demande grandissante, l’École des dirigeants s’est même dotée de toutes nouvelles salles à la fine pointe de la technologie.

Même constat du côté de la revue Gestion, où l’équipe de rédaction a su saisir la balle au bond pour produire un contenu pertinent et adapté à la situation. Une édition spéciale de cet outil de transfert a même été produite et offerte gratuitement à l’été 2020. Un record de fréquentation a d’ailleurs été enregistré pour ce numéro portant sur les effets de la COVID-19 sur les organisations, preuve que ce type de contenu était grandement attendu.

POUR LE BIEN COMMUN

Cette crise m’a aussi amené à constater l’importance que les scientifiques prennent davantage leur place dans le débat public. Par souci de rigueur, les chercheurs hésitent trop souvent à se prononcer lorsque leurs résultats ne sont pas confirmés hors de tout doute. Ainsi, des pseudo-spécialistes accaparent les tribunes et y véhiculent toutes sortes d’inepties – et encore plus depuis l’avènement des réseaux sociaux et et des canaux d’information continue. En cette période de changements accélérés, la communauté scientifique doit apprendre à se prononcer plus rapidement. Même si des incertitudes demeurent, les chercheurs en sauront toujours plus que ces usurpateurs. Plus que jamais, la société a besoin de sages qui s’appuient sur des données probantes et agissent en toute neutralité pour veiller au bien commun. ∙