Directrice de la Fondation HEC Montréal et des relations avec les diplômés depuis quatre ans, Mélanie Gagnon travaille toutefois pour l’organisation depuis 15 ans. Plus que quiconque, elle sait donc à quel point un don peut faire toute la différence et combien la philanthropie est une culture à développer, surtout au Québec !

« En philanthropie, nous n’évoluons pas dans une logique commerciale : nous permettons aux gens d’avoir un impact sur la société, explique la directrice. Mon rôle premier est donc de tisser des liens et d’être à l’écoute des intérêts et des valeurs de nos contributeurs potentiels. La clé du succès est d’être patient et de bien expliquer comment un donateur peut faire la différence, car oui, la philanthropie est un acte gratifiant et motivant qui crée un sentiment d’appartenance à une communauté. »

En concurrence avec une foule d’autres organisations du même type, la directrice arrive d’ailleurs à très bien tirer son épingle du jeu, selon Michel Patry, PDG de la Fondation HEC Montréal. « Elle parvient à cerner les souhaits philanthropiques des donateurs tout en les arrimant aux besoins de l’École », souligne-t-il.

« On fait vraiment une différence dans la vie des étudiants et des professeurs, et même dans la société. »

Mélanie GagnonUN PETIT GESTE POUR DE GRANDS CHANGEMENTS

Il faut dire que le champ d’action de la Fondation est large : financement pour la recherche, les bourses, le milieu de vie… « On fait vraiment une différence dans la vie des étudiants et des professeurs, même dans la société, soutient-elle. Quand on contacte un récipiendaire, il n’est pas rare de le sentir très ému, car beaucoup ont du mal à boucler leurs fins de mois ou n’ont pas l’argent nécessaire pour s’acheter du matériel informatique. Cet argent peut s’avérer la clé de leur réussite future. On trouve rarement une source de motivation aussi grande dans un emploi ! »

AU-DELÀ DE L’ARGENT

Il y a deux ans, la Fondation HEC Montréal a pris un véritable virage et a élargi ses activités pour intégrer dans sa mission les relations avec les diplômés. Depuis, son rôle ne consiste plus uniquement à amasser de l’argent : elle offre aussi aux diplômés la possibilité de jouer un rôle auprès des étudiants et de la grande communauté de HEC Montréal. Les diplômés peuvent notamment devenir mentors, conférenciers ou juges lors de concours. « Ce virage permet de contribuer autrement, explique la directrice. L’expertise de nos 100 000 diplômés a une grande valeur et cette approche favorise son rayonnement, tout en entretenant le sentiment d’appartenance envers l’École. »

QUAND LA COVID APPORTE DU POSITIF !

Mélanie Gagnon est du genre à voir le verre à moitié plein. La pandémie actuelle n’a pas changé sa vision des choses même si, malheureusement, elle a dû revoir à la baisse les prévisions financières de la Fondation. « C’est une gestionnaire aguerrie axée sur les résultats, mais qui sait aussi s’adapter », dit Michel Patry.

Cette capacité lui a d’ailleurs été fort utile au cours de la dernière année. En raison des mesures sanitaires, impossible d’organiser des réunions classiques ou d’autres événements avec les diplômés et les donateurs. Comment faire, alors ? En misant sur des rencontres virtuelles et en élargissant le réseau. « La pandémie a accéléré notre virage numérique. Nous avons réalisé plusieurs activités virtuelles : cérémonies de remise de bourses, assemblée générale annuelle, petits déjeuners… Dans certains cas, cela a même permis de doubler le nombre de participants, dont plusieurs de l’international. Le “montréalocentrisme” a éclaté », souligne-t-elle en riant.

La directrice est persuadée qu’après la pandémie, la mobilisation continuera de grandir, et que la distance ne sera plus un frein pour inviter un conférencier ou établir de nouveaux mentorats. En attendant, elle se tourne vers son prochain défi : cap sur 2022, pour l’ouverture du tout nouvel édifice au centre-ville. « Nous sommes à mi-parcours de notre campagne de financement, et j’ai bon espoir que nous allons atteindre notre objectif », conclut l’éternelle optimiste. ∙

Photo : Bénédicte Brocard