Ils sont fortement motivés par le désir de faire avancer les choses. Chacun à leur façon, ces trois entrepreneurs ont initié des projets qui ont le potentiel de transformer la vie à Montréal. À coups d’idées novatrices, ces diplômés offrent des solutions concrètes à de réels défis urbains. Portraits de jeunes passionnés.

PHILIPPE MEILLEUR

PHILIPPE MEILLEUR
(Certificat en gestion de projet 2012) 36 ans,
directeur général et fondateur de Montréal Autochtone
LA CULTURE AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS

L’organisme Montréal Autochtone a été mis sur pied par divers leaders locaux qui déploraient l’absence de services pour les familles et les jeunes Autochtones.
Montréal Autochtone« Nous souhaitions favoriser l’émergence d’un milieu de vie plus sécuritaire et plus inspirant pour cette clientèle fragilisée, tout en ayant une compréhension appropriée des enjeux historiques et sociaux des Premières Nations », explique Philippe Meilleur, né d’une mère mohawk et d’un père québécois. Préconiser une approche structurée avec des plans d’action très concrets et des acteurs qui devront s’engager à obtenir des résultats tangibles: voilà la clé du succès pour transformer le mode de vie des 25 000 Autochtones de Montréal. « Par ailleurs, il ne faut pas hésiter à se tourner vers d’autres villes, provinces et pays pour trouver des solutions un peu plus ambitieuses qui mettent de l’avant les bonnes pratiques », précise le diplômé, qui manifeste un intérêt marqué pour le développement durable, la gestion et l’innovation sociale.
Une des réalisations majeures de Montréal Autochtone : la création d’un guide du design pour mieux intégrer la culture autochtone dans la ville.
« Nous devons réfléchir à la façon dont nous valoriserons cette culture dans une ville diversifiée comme Montréal. À l’international, il existe plusieurs belles structures dont nous aurions tout avantage à nous inspirer. »
nativemontreal.com

RODOLPHE BARRERE et LOUIS DELAOUSTRE

RODOLPHE BARRERE et LOUIS DELAOUSTRE
(B.A.A. trilingue 2014 et B.A.A. 2014)
26 ans et 29 ans, cofondateurs de POTLOC
LA DÉMOCRATIE COMMERCIALE

L’entreprise POTLOC a été créée en 2014 par deux diplômés, Rodolphe Barrere et Louis Delaoustre. Les jeunes entrepreneurs étaient alors colocataires sur le Plateau Mont-Royal. « On s’amusait à prédire la vie ou la mort des nouveaux commerces de notre quartier », se souvient Rodolphe Barrere. La plupart du temps, leurs prédictions s’avéraient justes.
Potloc« Comme on y habitait depuis plusieurs années, on avait une bonne idée des bons et des moins bons coups. Inspirés par nos résultats, on s’est dit que si deux cerveaux pouvaient assez bien prédire la destinée d’une entreprise, la lecture serait peut-être encore plus juste si tous les cerveaux du quartier jouaient à ce même jeu. On pourrait alors créer une offre commerciale qui répondrait parfaitement aux besoins de ses résidents. » POTLOC venait de naître. « Avec POTLOC, notre boulot consiste à servir de trait d’union entre les acteurs du commerce de détail – détaillants, propriétaires immobiliers et municipalités – et les consommateurs, résume-t-il. Notre initiative s’inscrit dans la vague des démarches participatives. La ville de demain est en train de se construire autour de cette approche. La démocratie commerciale, c’est donner au citoyen le pouvoir de dessiner l’offre commerciale qu’il trouvera dans son quartier. » Pour l’heure, POTLOC est active au Canada et en France, et lance des projets un peu partout en Europe. Elle compte aussi explorer le marché américain. « Il y a une intelligence collective locale qui a une valeur inestimable. Nous misons sur cette habileté à faire du crowdsourcing, c’est-à-dire à mettre en commun plein d’idées et d’avis de manière géolocalisée, pour donner plus de pertinence au commerce de détail. »
www.potloc.com

FRÉDÉRIC ELIAS

FRÉDÉRIC ELIAS
(MBA, Management 2012, HEC Montréal et Génie informatique, Polytechnique Montréal 2003), 38 ans
Vice-président aux opérations chez Netlift
FAIRE PARTIE DE LA SOLUTION

Fondée en 2012, Netlift est une application de transport planifié unique au monde qui allie covoiturage et déplacements en taxi, et qui offre une solution de mobilité simple, garantie et efficace.  « Cette application met en contact des gens qui ont mutuellement avantage à se rencontrer, explique Frédéric Elias. L’un réduit ses frais de transport et peut accéder à un stationnement gratuit, alors que l’autre se rendra plus rapidement et confortablement à destination. » Frédéric Elias n’en est d’ailleurs pas à son premier accompagnement de start-up.
Netlift« Gérer la croissance d’entreprises de technologies me stimule au plus haut point, affirme-t-il. Dans le cas de Netlift, les choses vont très bien : les utilisateurs apprécient le service et leur enthousiasme est fort. Nous avons aussi une équipe formidable, et le modèle d’affaires équilibre bien mission sociale et rentabilité, en plus de répondre à un problème concret. Nous travaillons avec les autres acteurs de la mobilité tels que les municipalités, les sociétés de transport, l’industrie du taxi, le vélopartage et l’autopartage. Ainsi, plus notre collaboration est efficace, plus nous atteindrons l’objectif commun de réduire la congestion.» Actuellement, Netlift peaufine son modèle d’affaires dans le but éventuel de l’exporter. « Nous sommes d’ailleurs déjà en discussion avec la Ville de Mexico, Toronto et d’autres métropoles. »
Que doit offrir un projet pour aspirer à transformer une ville ? « Il doit répondre à un réel problème et le régler de façon naturelle, sans forcer les gens. Autrement dit, il ne peut y avoir d’effet transformateur sans qu’une masse critique d’individus ne soient prêts à adopter la nouvelle technologie. »
www.netlift.me

Photos : Ariel Tarr.