Certains diront que manger, c’est voter. C’est faire des choix qui peuvent être à la fois santé, engagés et durables. Ces diplômés ont décidé de pousser le concept encore plus loin en mettant à profit leur savoir afin d’offrir, dans une optique de développement durable, des options différentes en matière d’alimentation.

Nadège Lenormand-Dauvergne

NADÈGE LENORMAND-DAUVERGNE
(EMBA 2014)
43 ans, vice-présidente aux opérations, Prana
DES VALEURS COMMUNES

PranaC’est au terme d’une dizaine d’années au sein de la Marine nationale française et d’un contrat en mécanique industrielle au Québec que Nadège Lenormand-Dauvergne a fait le saut dans le secteur alimentaire. « J’y ai développé le goût des affaires et j’ai décidé de me réorienter en management plutôt qu’en technique. » Ce choix l’a fait passer du mazout des navires au bio du secteur alimentaire, deux domaines fort différents.
S’il est, de prime abord, difficile d’y voir un lien, celui-ci semble pourtant très évident pour la jeune gestionnaire : « Dans la marine, j’ai eu l’occasion de voyager beaucoup. Ces déplacements m’ont sensibilisée à l’environnement et à sa fragilité. Être exposée à différentes cultures a aussi contribué à me donner une perspective plus globale du monde dans lequel je vis. »
Aujourd’hui, elle travaille chez Prana, une entreprise spécialisée en collations et ingrédients biologiques. « Ici, toutes les décisions sont prises en fonction de trois axes : profit, people, planet. Et cette orientation correspond parfaitement à mes valeurs. » La diplômée reconnaît d’ailleurs sa chance : « Travailler dans un milieu où nos valeurs sont en accord avec celles de notre employeur accroît notre motivation et nous donne envie d’en faire toujours plus. »
Ses études en gestion lui ont permis de mieux présenter ses idées, de mieux les défendre et de les mettre en pratique. « C’est aussi par la formation que les concepts de développement durable et d’environnement se transmettent aujourd’hui au monde des affaires. J’en suis un très bel exemple. »

pranasnacks.com

François Cardinal

FRANÇOIS CARDINAL
(Certificat en vente relationnelle 2015)
43 ans, président fondateur, Vegeat
RÉINVENTER LA VIANDE

VegeatFrançois Cardinal évolue dans un domaine en pleine émergence où tout est à faire. Il propose une solution de rechange à la protéine animale en fabriquant un produit végétal qui ressemble à s’y méprendre à de la viande hachée. « C’est extrêmement intéressant et stimulant », lance-t-il d’emblée, lorsqu’il réfléchit au potentiel des produits alimentaires dont l’empreinte écologique est faible. En effet, les consommateurs adhèrent de plus en plus à l’idée de réduire leur consommation de viande et de prioriser des choix plus écologiques. « On veut tous faire notre part, souligne-t-il. En lançant mon projet Vegeat, en janvier 2018, j’étais motivé par l’idée d’exercer une certaine influence dans trois domaines qui me tiennent à cœur : l’alimentation, l’environnement et le bien être des animaux. »
La petite révolution alimentaire à laquelle on assiste est-elle un effet de mode ou un signe de véritable changement de paradigme ? Selon lui, « c’est définitivement une tendance lourde qui va très certainement s’inscrire dans les nouvelles habitudes alimentaires des gens. C’est la plus importante tendance observée en alimentation depuis des décennies et c’est un phénomène mondial. »
François Cardinal, qui a ouvert son premier restaurant à 17 ans, est un passionné d’alimentation. Au fil de son parcours professionnel, il a vite appris l’importance de savoir saisir toutes les occasions. Cet apprentissage guide aujourd’hui plusieurs de ses choix : « Nous allons continuer de proposer des nouveautés tout en demeurant à l’écoute du consommateur, de ce qu’il veut, de ce qu’il cherche. Pour moi, ce côté humain est hyper important et c’est ce qui nous démarque des autres entreprises. »

vegeatfoods.com

Amélie Léger

AMÉLIE LÉGER
(B.A.A. 2001)
41 ans, présidente, Aliments SiBon
POUR UN QUÉBEC PLUS DURABLE

Aliments SiBonEn 2014, Amélie Léger achetait Aliments SiBon. L’entreprise, qui était notamment connue pour ses sauces Délices d’autrefois, correspondait sous plusieurs aspects à ce qu’elle recherchait. Aujourd’hui, sous l’étiquette Kitchen Lab, on prépare plusieurs sauces, notamment une gamme cuisinée à partir de légumes « moches » bons à la consommation, mais moins attirants pour l’œil du consommateur. On y commercialise aussi l’eau d’érable Necta, un produit certifié bio vendu au Japon, en Australie et en Europe qui gagne à être mieux connu au Québec.
Fille de Jean-Pierre Léger, des Rôtisseries St-Hubert, Amélie Léger a grandi au sein d’une famille de bâtisseurs. « Lorsque mon grand père a démarré l’entreprise, ma grand-mère tenait tous les jours un journal qui montre que les débuts n’ont pas été faciles. Lorsque je me retrouve dans des situations semblables, je me réfère beaucoup à leur histoire. Sur le plan entrepreneurial, les défis des années 1950 et ceux d’aujourd’hui sont très similaires. Le contexte change, les générations aussi, mais la base demeure la même. »
Amélie Léger souhaite que son entreprise puisse répondre adéquatement à l’engouement des consommateurs pour les protéines végétales et les produits locaux. Elle croit par ailleurs que cet intérêt est en train de définir de nouvelles normes. C’est pourquoi le concept de développement durable guidera le futur de son entreprise. Sur une note plus personnelle, cette mère de trois jeunes enfants espère surtout continuer de s’amuser en travaillant. « Gérer une entreprise peut être stressant. Il ne faut surtout pas perdre de vue les raisons et les objectifs qui nous poussent à continuer… »

sibonfoods.ca

Photos : Ariel Tarr (portraits d’Amélie Léger et de Nadège Lenormand-Dauvergne) – Autres photos fournies gracieusement par nos diplômés.