Le monde du vélo est leur gagne-pain et ils occupent une place de choix dans leur domaine respectif. À leur façon, les jumelles Bastien, de PEPPERMINT Cycling, et Luc Sabbatini, l’homme derrière le fameux BIXI, participent à une nouvelle révolution sur deux roues. Leur objectif : vous remettre en selle.

Michèle et Véronik Bastien, en compagnie de Laurier Balthazard.

Michèle et Véronik Bastien,
en compagnie de Laurier
Balthazard.

DES JUMELLES QUI MISENT SUR LA DIFFÉRENCIATION

Michèle et Véronik Bastien, cofondatrices de PEPPERMINT Cycling
B.A.A. 2008, certificat en entrepreneurship 2009 et D.E.S.S. en communication marketing 2012 ■ 31 ans

Athlètes et entrepreneures dans l’âme, Michèle et Véronik Bastien sont des jumelles identiques. Après avoir bossé pendant 10 ans dans les plus grandes boîtes de publicité et de marketing de Montréal, elles fondent PEPPERMINT Cycling en 2015. S’appuyant sur une approche marketing avant-gardiste et sur la solidarité entre femmes, ces créatrices de vêtements de vélo pour femmes aspirent aujourd’hui à conquérir l’Amérique du Nord.
Nées à Montréal, les jumelles Bastien ont toujours su qu’elles se lanceraient en affaires. Le marché du vélo s’est imposé naturellement à ces deux sportives, qui moulinent depuis l’époque où elles s’entraînaient avec l’équipe de ski alpin des Carabins.

Elles ont donc fondé leur entreprise en ayant une très bonne idée des attentes et des déceptions que connaît la clientèle féminine qui, la plupart du temps, doit se contenter de vêtements unisexes pour pratiquer son sport. Des vêtements souvent taillés dans des matériaux mal adaptés au physique et aux besoins des femmes.
« Pour faire connaître notre marque et notre gamme de produits, nous avons d’abord créé un premier écosystème au Québec que nous répliquerons ailleurs, explique Véronik Bastien. Nous voulons être le seul intermédiaire entre les consommatrices et nos produits, et rester ainsi près de notre clientèle. Nous avons même refusé des offres très alléchantes de chaînes de magasins qui aimeraient distribuer nos vêtements. »
Les sœurs misent plutôt sur les canaux numériques et sur les autres médias sociaux en vogue pour annoncer leurs créations. Mais surtout, elles ont choisi d’aller à la rencontre des cyclistes. En 2017, elles ont affiché leur marque et leurs produits lors d’une vingtaine d’événements et de rassemblements destinés aux femmes actives, y réalisant 30 % de leur chiffre d’affaires – qui a triplé depuis un an et demi.

Peppermint

Les jumelles Bastien misent sur la carte du mieux-être et du plaisir collectif plutôt que sur celle de la performance, qui est largement utilisée pour accroître les ventes auprès des hommes.

« Nous croyons rejoindre plus de femmes et les inciter à adopter le vélo en misant sur la carte du mieux-être et du plaisir collectif plutôt que sur celle de la performance, qui est largement utilisée pour accroître les ventes auprès des hommes, soutient pour sa part Michèle Bastien. Nous aspirons simplement à ce que les femmes se sentent bien et en pleine confiance. »
En parallèle, les jumelles orchestrent une nouvelle approche marketing pour le moins novatrice : au lieu d’ouvrir leurs boutiques et de devoir assumer le coût des loyers, gérer les stocks, etc., elles s’appliquent à mettre en place des points d’essayage dans des cafés fréquentés par les cyclistes.
« Nos vêtements y seront en démonstration, explique Véronik Bastien. Les femmes pourront les essayer et les commander directement en ligne. » Dès ce printemps, trois cafés québécois accueilleront les collections de PEPPERMINT. À court terme, la PME veut déployer cette stratégie ailleurs au Québec ainsi qu’en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

UN MONDE D’HOMMES

Les sœurs Bastien se sont donné pour mission de « redéfinir l’expérience cycliste auprès des femmes », comme l’indique leur page web. Car, ont elles constaté, le cyclisme est majoritairement une affaire d’hommes. « Très peu de femmes dirigent des entreprises dans le domaine du vélo. Les modèles féminins y sont rares », note Véronik Bastien.
D’ici un an, PEPPERMINT souhaite vendre aux États-Unis, où l’entreprise cherchera à recruter des ambassadrices qui valoriseront ses produits haut de gamme entièrement fabriqués au Québec, aux coupes et aux couleurs raffinées.
L’arrivée de Laurier Balthazard (B.A.A. en marketing 2009 et M. Sc. en commerce électronique 2016) permet déjà à la PME de regarder l’avenir avec optimisme. C’est en partie grâce à cet expert en expérience web et en production industrielle que l’entreprise a tant progressé au cours des neuf derniers mois.
Preuve que rouler en tandem, c’est bien, mais qu’à trois, c’est mieux, lorsqu’on vise le peloton de tête. peppermintcycling.com

Illustrations : iStock – Photos : PEPPERMINT Cycling

Luc Sabbatini

CHANGER LE MONDE

Luc Sabbatini, président et principal actionnaire de PBSC Solutions Urbaines
B.A.A. 1985 ■ 53 ans

Si le concept du BIXI est plus que jamais prisé partout sur la planète, c’est en grande partie grâce à Luc Sabbatini et à son équipe. Après avoir racheté en 2015 les actifs de cette start-up montréalaise réputée pour son vélo en libre-service, le président de PBSC Solutions Urbaines s’est donné pour mission de « changer le monde, une ville à la fois ».
Le plus grand défi des villes est – et restera – la mobilité, croit Luc Sabbatini. « Les villes qui sauront bien gérer leur circulation et s’assurer de sa fluidité se porteront mieux économiquement, soutient-il. C’est leur plus important défi, mais c’est aussi leur plus grande opportunité. Or, le vélopartage fait partie d’un cocktail de solutions. »
Cette proposition semble plaire de plus en plus. Et sur tous les continents. Rien qu’en 2017, PBSC Solutions Urbaines s’est implantée dans sept villes, dont Honolulu, Reykjavik et Tucson.

Partout où elle s’installe, la PME, dont les vélos et les équipements sont entièrement fabriqués au Québec, offre un produit clés en main : des vélos, mais surtout des terminaux sans fil alimentés à l’énergie solaire, extrêmement robustes et à l’épreuve du vol. La PME tire profit de la vente de ses équipements, mais aussi des frais d’exploitation et des licences de solutions informatiques. En janvier dernier, Luc Sabbatini et sa bande ont conclu une entente majeure au Brésil : des centaines de stations et 9 000 exemplaires de leur nouveau vélo, le FIT, ont été déployés dans plusieurs grandes villes du pays, dont São Paulo. Et d’ici la fin de l’année, l’entreprise implantera à Barcelone son nouveau-né : le BOOST, un vélo à assistance électrique. Ces dernières années, la PME a investi deux millions de dollars en recherche et développement.

Bixi

Depuis la création du BIXI à Montréal en 2009, ce service de vélopartage ne cesse de faire des petits: tembici, Biki, MoGo, Nice Ride, Citi Bike… Il est aujourd’hui offert dans 30 villes et sur deux campus universitaires.

Personne à vélo

Pour l’homme d’affaires, le vélopartage participe à une nouvelle révolution à l’échelle mondiale. Rien de moins. « À Honolulu, le lendemain de notre arrivée, les gens se promenaient en vélo avec un grand sourire. En auto, on ne voit jamais ça. Le vélo change les villes pour le mieux. Montréal a d’ailleurs été complètement transformée grâce au BIXI. Il n’y a jamais eu autant de gens à vélo. Pour l’heure, la ville dispose de 6 000 vélos, mais elle pourrait facilement en avoir 10 000. »
Depuis la création du BIXI à Montréal en 2009, ce service de vélopartage ne cesse de faire des petits : il est aujourd’hui présent dans 30 villes et sur deux campus universitaires. Actuellement, le réseau de PBSC Solutions Urbaines compte 5 000 stations et quelque 60  000 vélos en circulation. Avant d’acheter BIXI International, Luc Sabbatini a mené une brillante carrière en communications. Il a notamment été le grand patron de l’affichage chez Astral Média, avant d’être nommé président de Bell Média Ventes. C’est en voyageant à l’étranger qu’il a découvert la portée et l’importance des systèmes de vélos en libre-service. Le concept l’a séduit. Lorsque BIXI International a été à vendre, le futur chef d’entreprise n’a donc pas hésité une seconde.
« Le timing était parfait », dit-il.
À court et à moyen terme, Luc Sabbatini n’a d’autre choix que de répondre à la demande. Le vélopartage est tellement prisé partout dans le monde que la PME québécoise n’a même pas besoin de solliciter des clients : ce sont les villes qui viennent cogner à sa porte ! ∙
www.pbsc.com