Lorsque Loretta Cianci s’est vu confier le projet de doter HEC Montréal d’une quatrième antenne, elle était loin de se douter que l’aventure serait de si longue haleine. Heureusement, elle a su s’allier l’expertise de trois complices sur qui elle peut solidement s’appuyer.

Loretta Cianti

Loretta Cianti

« Il faut être tenace et avoir un bon sens de la conciliation pour réaliser un projet d’une telle envergure, souligne en riant Loretta Cianci, directrice du développement du campus, qui a aussi une formation d’architecte. Les étapes à franchir sont nombreuses et exigeantes, mais le jeu en vaut tellement la chandelle! »

Il faut tout d’abord obtenir les approbations gouvernementales, un processus qui s’échelonne sur plusieurs années et dont les règles du jeu sont souvent appelées à évoluer en cours de route. Ainsi, depuis le dépôt du dossier en 2012, il leur aura fallu négocier avec quatre différents gouvernements et de nombreux ministres de l’Éducation. S’ajoutent à l’aventure tous les permis qu’il faut obtenir, les analyses et les rapports détaillés qu’il faut documenter, les exigences – sur le plan patrimonial, environnemental, de l’acceptabilité sociale, etc. – auxquelles il faut se conformer et les imprévus qu’il faut gérer. Bref, il y a de quoi s’occuper!

LES DÉFIS ARCHITECTURAUX

La géomorphologie particulière du site a notamment donné quelques maux de tête à la firme d’architectes Provencher Roy et aux ingénieurs engagés dans le projet.

Anne Rouaud

Anne Rouaud

« Les conditions du site sont très particulières, explique l’architecte Anne Rouaud. Nous devons non seulement composer avec un dénivellement de deux étages entre la façade sur la rue De La Gauchetière et celle qui donne sur le boulevard René-Lévesque, mais aussi intégrer deux bâtiments existants. À cela s’ajoutent les exigences de zonage et de protection patrimoniale, ainsi que les attentes des citoyens et de la ville. »

« Malgré ces importantes contraintes, les architectes ont réussi avec brio à répondre à tous nos besoins d’espace, tout en respectant les relations de proximité souhaitées entre les services », ajoute Loretta Cianci.

Hélène Brisebois

Hélène Brisebois

« Ce concept architectural complexe et peu commun, qui comporte des murs en pentes positives et négatives ainsi que la protection d’édifices existants, pose d’importants défis sur le plan structurel », reconnaît Hélène Brisebois (DESS en sciences administratives 1993), présidente de SDK, la firme spécialisée en ingénierie de structure responsable de cet aspect du projet.

Céline Bareil

Céline Bareil

Enfin, précisons que la future antenne de HEC Montréal misera sur un tout autre mode de fonctionnement : des aires ouvertes, notamment pour favoriser la collaboration et les échanges. Les équipes de travail devront donc adopter de nouvelles façons de faire. Pour s’assurer que cette transition s’effectue avec succès, la direction de l’École a nommé la professeure titulaire, Céline Bareil, directrice de la gestion du changement. Cette experte en transformation des organisations a créé un comité de transition qui se penche sur les processus de travail et veille à l’adoption des meilleures pratiques.

Un projet pilote a même été mis sur pied afin de tester l’espace physique et de réduire la résistance au changement. « Dans une partie moins fréquentée de la bibliothèque, nous avons aménagé un espace à aires ouvertes afin que chacune des équipes appelées à déménager au centre-ville puisse vivre l’expérience et contribuer à la bonifier, explique Loretta Cianci. Parfois réticents au départ, ces employés ne veulent généralement plus quitter l’espace après les 10 à 12 semaines que dure cette simulation. À un point tel que l’École a décidé d’adopter ce type d’aménagement pour ses immeubles existants. »

La planification va donc bon train. Prochaine étape : le choix de l’entrepreneur. ∙