Ils sont écoresponsables et aspirent à un monde meilleur. Leur but : nous inciter à prendre soin de la planète. Au propre comme au figuré. Rencontre avec trois jeunes étoiles montantes qui ont opté pour l’entrepreneuriat social.

GABRIELLE FALARDEAU
(Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal 2016)
27 ans, cofondatrice de Jarre
ODE AUX ALIMENTS

Gabrielle Falardeau1 Que les gens revoient leurs façons de consommer et de conserver les aliments afin de réduire le gaspillage alimentaire : voilà le souhait de Gabrielle Falardeau et d’Élyse Leclerc, cofondatrices de la PME Jarre. « On veut repenser la cuisine pour y mettre en valeur les aliments au lieu de les cacher dans les armoires », précise Gabrielle. Depuis leur atelier montréalais, les amies d’enfance fabriquent et commercialisent des objets design qui célèbrent les méthodes ancestrales de conservation des aliments.

JarreLes collections La Denise et Les Essentiels misent notamment sur l’eau, l’air et le sable pour allonger la durée de vie des légumes bulbes et racines, de même que celle des fruits et des légumes qui ne devraient pas séjourner au frigo. Les deux jeunes femmes ont intégré l’Accélérateur en 2016.

« Nous sommes issues du monde des arts et l’Accélérateur nous a soutenues sur le plan de la gestion. Mais surtout, nous y avons côtoyé des gens provenant de divers milieux et nous sommes ainsi sorties de notre isolement.» En croissance au Québec et en Ontario, Jarre vise de percer le marché new-yorkais en 2017. Au cours de l’année, ses produits seront également offerts aux Galeries Lafayette, en France.
www.jarre.ca

MARC-ANDRÉ ROBERGE
(Parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux 2016)
25 ans, cofondateur de Nectar
DONNER UNE VOIX AUX ABEILLES

Marc-Andre Roberge2 Des abeilles qui envoient des textos à leur apiculteur… De la science-fiction ? Non. Cette nouvelle technologie est offerte par Nectar, une PME cofondée en 2016 par Marc-André Roberge. Apiculteur amateur, ce diplômé en design veut aider à éradiquer le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, un phénomène qui affecte les ruches un peu partout dans le monde. Sa méthode : interpréter le langage des abeilles et aider ainsi les apiculteurs à mieux connaître les besoins de leurs protégées.

NectarEn se basant sur des travaux de recherche et grâce à des capteurs installés dans les ruches, la jeune entreprise a créé des interfaces qui s’intègrent aux applications existantes (SMS, iMessage, Facebook Messenger et Slack) et qui permettent aux apiculteurs de recevoir des textos de leurs abeilles et d’intervenir au bon moment. Par exemple : « Le miel est prêt » ou « Il fait trop chaud… ».

Prix de départ : 205 $ par ruche, par année. Si certains sourcillent devant la nature des activités de la PME, d’autres, comme la coopérative Miel Montréal, y croient fermement. Quinze de ses ruches sont sous surveillance depuis novembre 2016. Objectif avoué de la PME Nectar : que sa technologie soit utilisée partout. Rien qu’à Montréal, il y aurait près de 500 ruches.
www.nectar.buzz

ÉMILIE NOLLET
(Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal 2015; doctorat en cours)
Cofondatrice d’ÉAU
CONTRER L’EXCLUSION ALIMENTAIRE

Émilie Nollet3 Émilie Nollet a de grandes ambitions. Avec son partenaire d’affaires, Olivier Demers-Dubé, elle a créé ÉAU (Écosystème alimentaires urbains), dont le modèle d’affaires repose sur l’aquaponie, qui permet l’exploitation de fermes verticales en circuit fermé. Son doctorat à HEC Montréal porte d’ailleurs sur ce sujet. Grâce à ce type d’installation, à sa forme et à ses pratiques en écoalimentation, cette entreprise sociale veut mettre fin à l’exclusion alimentaire des plus marginalisés. Les fermes verticales d’ÉAU fonctionnent selon le principe de l’aquaponie, mot-valise réunissant aquaculture et hydroponie.

EAUDans ce système de bassins d’eau, des poissons alimentent en nutriments les plants de fruits, de légumes ou de fines herbes. Même les poissons (truites, perchaudes, etc.) sont comestibles. Présentés au public l’été dernier au Marché Jean-Talon, la technologie et le savoir-faire d’ÉAU ont mis la table pour un projet de ferme urbaine d’environ 10 000 pieds carrés qui devrait voir le jour à Montréal d’ici la fin de 2017, espère Émilie Nollet.

« Nous voulons démontrer que notre technologie fonctionne à grande échelle et qu’elle est rentable, pour que nous puissions par la suite l’implanter dans les milieux qui en ont besoin. Pour atteindre cet objectif, il faut d’abord créer une communauté et obtenir du soutien pour ce projet. »
www.eau-agriculture.com

Photos : Ariel Tarr (portraits) – Alex Godbout-Simard (Nectar) – Laurence Poirier (Jarre) – Katya Konioukhova (ÉAU)