Secrétaire à l’Association des étudiants de HEC Montréal (AEHEC) depuis 39 ans, Nicole Laboursodière n’y est pas seulement conseillère, formatrice et psychologue à ses heures : elle est devenue une « deuxième mère » pour les milliers de jeunes qui s’y sont impliqués au fil des ans. Elle aime tellement son travail qu’elle vient de reporter encore de trois ans son départ à la retraite.

Nicole Laboursodière

Au moment de son embauche, alors qu’elle avait 18 ans, elle lorgnait du côté du droit et voyait son nouvel emploi de secrétaire comme temporaire.
« Je suis entrée dans ce monde associatif et je n’en suis jamais ressortie, résume-t-elle. J’ai songé à partir après quelques années, mais un professeur m’avait dit qu’un jour, j’aurais les étudiants dans la peau. Il avait tellement raison ! »
Ses accomplissements sont aussi variés que notables. Bon an mal an, elle côtoie directement 200 étudiants qui représentent 4 500 jeunes issus d’une vingtaine de regroupements. Son rôle : les aider à réaliser leur mandat d’un an, notamment en les soutenant dans l’organisation d’événements sociaux, sportifs ou encore à caractère compétitif.

« UN PROFESSEUR M’AVAIT DIT QU’UN JOUR, J’AURAIS LES ÉTUDIANTS DANS LA PEAU. IL AVAIT TELLEMENT RAISON ! »

Consultant à Kuala Lumpur, en Malaisie, Charles Lambert (B.A.A. 2004) était président de l’AEHEC au début des années 2000. Il garde un excellent souvenir de Nicole Laboursodière. « Avec le temps, elle est devenue notre colonne vertébrale, lance-t-il. Je me souviens qu’elle était toujours là quand il le fallait. Elle ne comptait jamais ses heures. Elle était du côté des étudiants. Quand la direction prenait une décision contre notre volonté, elle réagissait en notre faveur. »
Il faut dire que ce sont les étudiants qui emploient celle que tous surnomment affectueusement « Nic ». Depuis son embauche, elle collectionne les mandats triennaux, une formule qui lui plaît bien. Fait cocasse, c’est Michel Patry, l’actuel directeur de HEC Montréal, qui lui a donné sa première chance lorsqu’il l’a engagée en 1977, alors qu’il était président de l’AEHEC.

Nicole Laboursodière

Nicole Laboursodière entourée des membres du conseil exécutif de l’AEHEC lors de la soirée-hommage de l’année 2002-2003. Chaque année, le conseil lui remet une photo souvenir qu’elle place sur le mur de son bureau. Une tradition qu’elle aimerait voir se poursuivre après son départ à la retraite.

« Je pense que je peux me targuer d’avoir vu juste, confie Michel Patry. La dotation n’est pas une science exacte, mais il arrive qu’on trouve la personne idéale pour longtemps, comme ça a été le cas pour Nicole. Elle constitue un énorme actif pour une organisation comme l’AEHEC. »
Les meilleurs souvenirs de cette secrétaire hors norme : chaque année, en mai, assister au bal des finissants de ses protégés, dont plusieurs sont demeurés des amis. Son meilleur coup : avoir pris sous son aile un étudiant fortement affecté par une défaite électorale au sein de l’AEHEC.
En matière d’approche, Nicole Laboursodière se défend bien d’être directive avec ses commettants. « Je préfère les faire profiter de mon expérience en leur expliquant bien le contexte et en les amenant à prendre leurs propres décisions. »
En 2019, à sa retraite, Nicole Laboursodière se promet de fréquenter comme jamais les terrains de golf. Mais elle tient aussi à demeurer près de l’AEHEC, qu’elle appelle sa « famille », sa « deuxième maison ».