À une époque où les yeux étaient tournés vers le Vietnam et où Les réfugiés, appelés les boat people, arrivaient massivement au Québec, Jean-Denis Duquette, alors secrétaire général de HEC Montréal, a ouvert non seulement la porte de l’École, mais aussi celle de sa maison, à plus de 200 Vietnamiens débarqués à Montréal.

« Mon mari m’a toujours dit qu’il a parrainé plus de 200 Vietnamiens », souligne Denise Duquette. Elle se souvient qu’il recevait dans son bureau des gens qui n’avaient ni preuve de scolarité ni diplôme, et qui souhaitaient étudier à HEC Montréal. « Il a pris sous sa responsabilité de les accueillir sans papiers et ne l’a jamais regretté. Il avait une admiration sans bornes pour les étudiants vietnamiens. Il les trouvait tellement vaillants et disciplinés ! »
Cet attachement au peuple vietnamien se manifestait bien au-delà du milieu universitaire. Le couple était invité aux mariages des diplômés vietnamiens, aux baptêmes de leurs enfants et aux fêtes du Têt. « Quand mon mari sentait que certains avaient le mal du pays ou de la difficulté à s’adapter à leur nouvelle situation, il les invitait à la maison. Il était extrêmement attentif à leurs besoins », se souvient-elle.

Jean-Denis Duquette

(1) Lors d’une fête pour souligner son départ à la retraite, en 1995. (2) En septembre 1989, lors du Phonoton qui s’est tenu à HEC Montréal.

UNE INFINIE RECONNAISSANCE

Hoa Pham Dang n’a pas fait partie des dizaines de milliers de boat people qui ont fui le Vietnam après avril 1975, mais son chemin a quand même croisé celui de Jean-Denis Duquette à HEC Montréal. Il est arrivé au Canada le 31 décembre 1967 pour rejoindre son frère, qui avait déjà obtenu l’aide du secrétaire général pour intégrer l’École. En 1969, pour une question bureaucratique, le gouvernement du Vietnam demande à Hoa Pham Dang de rentrer au pays. C’est Jean-Denis Duquette lui-même qui règle alors la situation en convainquant les autorités vietnamiennes de permettre à l’étudiant de rester au Canada et de terminer ses études à Montréal. « Je crois que j’ai conservé cette lettre », dit Hoa Pham Dang.
Aujourd’hui retraité et grand-père, le diplômé de HEC Montréal est extrêmement reconnaissant envers Jean-Denis Duquette. C’est pourquoi il était si important, pour son frère et lui, d’assister aux obsèques de l’ancien secrétaire général, en juillet 2013. « C’était la boucle qui se refermait. C’est grâce à lui si j’ai aujourd’hui une famille et un petit-fils. Il m’a permis de me refaire une vie. Bien sûr, j’ai fait des efforts, mais c’est grâce à cette personne qui m’a tendu la main que j’ai pu obtenir ce que j’ai aujourd’hui. » Rencontré à sa résidence de Mont-Royal, Hoa Pham Dang regarde autour de lui et déclare avec beaucoup d’émotion : « Tout ça, je le dois à M. Duquette ! »

Photo : Archives HEC – Fonds du Service de l’audiovisuel, A054/X99,0010 (photo 1); A054/X99, 0002 (photo 2).