Jacques Parizeau n’a que 25 ans lorsque HEC Montréal lui confie, en 1955, le cours de commerce international. Il y enseigne jusqu’en 1975 et revient de 1985 à 1989. Après ? Il n’a jamais vraiment quitté l’École.

Pendant sa carrière de plus de 20 ans à HEC Montréal, Jacques Parizeau s’est employé à former d’une main de maître une nouvelle génération de financiers et d’économistes québécois francophones dont je fais partie », soulignait le directeur de l’École, Michel Patry, le lendemain du décès de Jacques Parizeau, le 1er juin 2015.
Michel Patry, qui a été son étudiant, vante notamment sa prodigieuse culture, son intelligence vive et pétillante ainsi que sa capacité à toujours captiver son public. « Il savait transmettre ses connaissances avec brio. Il nous a appris à voir l’économie au-delà de sa portée théorique, à réfléchir au-delà des idées établies, et ce, avec rigueur et passion. »

Conférence « La relance économique du Québec : l'affaire de Montréal d'abord ? »

Conférence « La relance économique du Québec : l’affaire de Montréal d’abord ? », prononcée le 17 novembre 1983 à HEC Montréal par Jacques Parizeau alors ministre des Finances du gouvernement du Québec.

Éloges touchants également de la part d’anciens collègues. Le professeur titulaire François Leroux se souvient, entre autres, de sa cordialité et de sa courtoisie « à l’égard de tous ». La professeure honoraire Jeannine David-McNeil a salué ses publications avant-gardistes, son soutien dévoué aux jeunes professeurs et ses prises de position arrêtées pour conserver une formation générale aux étudiants en affaires : « Il a été le premier professeur à se soucier d’assurer des privilèges identiques aux professeurs féminins et masculins de l’École ».

Mais comment était-il, en classe ?
« Son incroyable esprit de synthèse lui permettait de schématiser un sujet difficile en quelques phrases, rapporte Georges Dionne, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gestion des risques. Chaque fois, nous assistions à des conférences uniques, toujours bien préparées. Nous étions tellement absorbés par ses propos qu’il nous était difficile de prendre des notes. »

« Son éloquence était exceptionnelle. Il pouvait développer un sujet pendant des heures sans notes », poursuit le professeur titulaire Jacques Raynaud.
« Ses étudiants se rappelleront toutefois la facture de l’examen final. Chacun devait tour à tour piger dans une urne une question à laquelle il devait répondre… devant Monsieur Parizeau ! » ajoute Jacques Raynaud, qualifiant cette épreuve orale de « particulièrement angoissante ». Le professeur Dionne a goûté à la même médecine et abonde : « Que de belles histoires d’économie politique il savait raconter avec passion pour nous motiver ! Mais à l’examen oral, on ne pouvait pas lui raconter d’histoires… »

Photo de Jacques Parizeau : Archives de HEC Montréal,
Fonds du Service des relations publiques.