En 1996, HEC Montréal emménageait dans un nouvel immeuble moderne, audacieux, construit à la fine pointe de la technologie. L’inauguration du 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine marquait aussi le début d’une ère nouvelle.

« Pour moi, cet édifice incarnait une série de premières, pas seulement pour l’École, mais aussi pour la société en général », se souvient Kathleen Grant, qui était alors directrice des communications à HEC Montréal. De la grande cafétéria – le cœur de l’École – aux salles dédiées et aux multiples espaces ouverts aux étudiants qui travaillaient en équipe, l’enseignement qu’on allait y dispenser a été complètement repensé. « Quand on y entrait, on sentait la vie, on avait le goût d’y étudier », ajoute-t-elle.

HEC Montréal

1. Dessin de la nouvelle École, octobre 1996.

MISER SUR L’AVENIR

Le directeur de HEC Montréal de l’époque, Jean-Marie Toulouse, se remémore une rencontre qui a été fort déterminante pour l’avenir de l’École : « Nous étions dans la phase finale de construction. Tout à fait par hasard, j’ai discuté de l’infrastructure technologique avec un vice-président de Bell Canada. Dans les plans, on prévoyait du cuivre. Il m’a informé que c’était une erreur, puisque tout allait passer éventuellement par la fibre optique ».
Le directeur a convaincu Jean Garon, alors ministre de l’Éducation, d’accepter un dépassement de coûts pour revoir l’infrastructure. « La fibre optique nous permettait d’envisager l’avenir autrement », se rappelle-t-il. C’est de là qu’est né l’ambitieux programme Virtuose : chaque étudiant allait dorénavant se présenter en classe avec un ordinateur portable. Les professeurs ont revu leur façon d’enseigner, l’utilisation des outils technologiques devenait omniprésente et les étudiants, pour la plupart déjà familiarisés avec les nouvelles technologies, ont dit : “Enfin !” ».
Certaines entreprises réclamaient déjà des jeunes diplômés aussi branchés. « Toutefois, la majorité n’était pas encore rendue là », reconnaît Jean-Marie Toulouse. Selon lui, ce sont les premières cohortes qui ont porté cette technologie sur le marché du travail, poussant les employeurs à l’adopter.

RÉINVENTER LE MBA

Dans la foulée, HEC Montréal fait de nouveau preuve d’audace et lance son MBA intensif. « Compte tenu du marché des MBA à travers le monde, il fallait demeurer compétitif », explique Jean-Marie Toulouse. Même si HEC Montréal bénéficiait déjà d’une belle notoriété, cette refonte du programme, combinée à l’innovation technologique, lui a donné un second souffle. « Ce nouveau programme a créé un terreau extrêmement fertile qui nous a permis d’accroître notre rayonnement à l’international », renchérit Kathleen Grant.
« HEC Montréal a été la troisième université en Amérique du Nord à intégrer les technologies de l’information à son programme d’enseignement, rappelle Jacques Nantel, qui était alors directeur des programmes. Aujourd’hui, toutes les universités utilisent les ordinateurs, mais à l’époque, nous faisions office de véritables pionniers. Ça prenait de l’audace pour se lancer dans cette aventure. Je suis personnellement très fier de la détermination et du courage dont nous avons fait preuve pour mettre ce projet de l’avant. »

Innoguration

2. Remise d’une plaque commémorative lors de l’inauguration de la nouvelle École, le 1er octobre 1996. Sur la photo, les décideurs de l’époque : Pauline Marois, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Lucien Bouchard, premier ministre du Québec, Serge Saucier, président du conseil de l’École, Pierre Bourque, maire de Montréal, et Jean-Marie Toulouse, directeur de l’École.

Photos : AHEC, Fonds de la Direction des communications, A047/X99, 0001 (photo 1); AHEC, A047/X99, 0008 (photo 2).