Toute sa vie, Danielle Dagenais-Pérusse a tenu à redonner à la société. Bénévole dans l’âme, cette philanthrope a transmis l’importance du don de soi à ses enfants, dont son fils, Mathieu Jolicœur. Petite histoire d’une grande famille.

Mathieu JolicœurEn 1974, enceinte de son troisième enfant, Danielle Dagenais-Pérusse amorce un MBA à HEC Montréal. En classe, elle traîne son tricot, son moyen de prédilection pour se concentrer – au grand dam de ses professeurs, exaspérés par le bruit des aiguilles ! Déterminée, elle s’obstine même à finir un examen alors que les contractions se succèdent.
« Ça résume bien qui était ma mère : une femme fière, indépendante, qui ne s’en laissait jamais imposer », dit en riant son fils, Mathieu Jolicœur, celui-là même qui est né quelques heures après le fameux test et qui, quelque 30 ans plus tard, allait compléter à son tour un MBA à l’École. Décédée d’un cancer du sein en 2008, Danielle Dagenais-Pérusse a laissé à ses enfants un précieux héritage : le sens du devoir. « D’une façon ou d’une autre, il lui fallait contribuer à changer la société, que ce soit par le bénévolat ou la philanthropie », rapporte son fils qui, tout jeune, donnait déjà de son temps aux organismes de son choix. « À la maison, c’était de mise : nous voulions tous suivre son exemple. »

Danielle Dagenais-Pérusse

Le 22 septembre 1985, Danielle Dagenais-Pérusse donne le coup d’envoi aux cérémonies du 75e anniversaire de HEC Montréal à titre de directrice générale de l’événement. À sa droite, trois regrettés bâtisseurs du Québec: Pierre Harvey, directeur de l’École de 1982 à 1986, René Lévesque, alors premier ministre du Québec, et Yves Bérubé, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie.

Donner pour donner

Dans les années 1990, Danielle Dagenais-Pérusse a fait sa marque en tant que directrice des dons planifiés à l’UQAM. « Une vraie pionnière dans ce domaine », estime Mathieu Jolicœur, qui est aujourd’hui directeur d’Intelligence d’affaires, Mouvement marketing, Communications et Coopération, au Mouvement Desjardins. À l’époque, le don planifié n’était pas ancré dans la tradition de l’UQAM, une jeune université, francophone de surcroît. « Ma mère a créé ce poste de toutes pièces en promettant à l’Université de leur rapporter en dons bien plus que son salaire – ce qu’elle a souvent fait », souligne Mathieu Jolicœur.
Jusqu’à la fin, cette femme s’est dévouée. Elle a légué diverses sommes à HEC Montréal pour la création d’une bourse, à la Fondation de l’Hôpital MaisonneuveRosemont pour l’achat d’équipements en oncologie, ainsi qu’à la Société canadienne de la sclérose en plaques.
À sa manière, Mathieu Jolicœur poursuit l’œuvre de sa mère. Avec son conjoint, il a adopté deux petits frères inuits par le biais de la Direction de la protection de la jeunesse. « Nous voulions aider des enfants dont les besoins sont plus grands. » Il s’implique aussi dans l’organisme Tasiutigiit, un groupe de soutien amical pour les familles interculturelles d’enfants inuits ou autochtones. Son plus grand souhait : que ses fils s’épanouissent et deviennent des modèles pour une communauté qui en manque cruellement.
« Ma mère n’a pas connu mes enfants, mais je sais qu’elle en aurait été immensément fière », dit Mathieu Jolicœur avec émotion.

Photo : AHEC – Fonds du Service de l’audiovisuel, A054/X99,0006.