Au cours des dernières années, la révolution numérique a radicalement transformé non seulement nos pratiques d’affaires et nos modes de vie, mais aussi nos attentes et nos exigences à titre de consommateurs, au chapitre des produits et serviceS offerts à la clientèle.

Ces changements n’iront qu’en s’amplifiant. Et quelle amplitude ! En 48 heures, le monde produit aujourd’hui plus de données qu’il ne l’a fait entre le début de l’humanité et 2003, peut-on lire dans le récent rapport Profil du Big Data au Québec réalisé par Montréal International. C’est dire à quel point la gestion et le traitement de ces mégadonnées (Big Data) représentent actuellement un enjeu de taille. Mais qui dit « défi » dit également « occasions à saisir ».

À ce chapitre, le Big Data se compare avantageusement à l’or noir : toute sa richesse réside dans l’art d’exploiter et de raffiner ces mines de données. Selon les prédictions de Frost & Sullivan, ce marché mondial serait appelé à connaître une croissance annuelle moyenne de 25 % d’ici 2020. Montréal et le Québec sont d’ailleurs bien positionnés pour devenir des leaders internationaux dans ce secteur et avoir ainsi leur part du gâteau.

Michel Patry

Sous l’égide de Montréal International, plusieurs personnalités du Québec ont récemment fait valoir à quel point le secteur des mégadonnées mériterait d’être plus largement soutenu, car il représente un créneau d’excellence pour le Québec.

À titre d’exemple, le plus important pôle d’expertise en transport intelligent et en recherche opérationnelle au monde se trouve à Montréal. Il surpasse même celui de Boston. L’Institut de valorisation des données (IVADO) regroupe quelque 90 scientifiques et 560 étudiants des cycles supérieurs qui viennent de l’Université de Montréal, de Polytechnique Montréal et de HEC Montréal.

De grandes entreprises comme Hydro-Québec, CAE, Cogeco ou Gaz Metro n’ont pas hésité à emboîter le pas et à s’investir dans IVADO. Aujourd’hui, toutes les sociétés peuvent profiter de ces travaux, tant les PME en démarrage que les multinationales. Preuve que le Big Data est indéniablement un secteur à haut potentiel pour le Québec.

De plus en plus d’organisations misent sur l’exploitation des données pour innover et accroître leur compétitivité. Graduellement, elles adoptent de nouvelles stratégies fondées sur l’intelligence d’affaires et apprivoisent de nouvelles pratiques. Cette intégration entraîne toutefois des transformations organisationnelles qui brisent les silos et favorisent la multidisciplinarité. Cette métamorphose exige aussi de nouvelles expertises et compétences.

Le marché du big data serait appelé à connaître une croissance annuelle moyenne de 25 % d’ici 2020.

Par ailleurs, la création de valeur est immense et les domaines d’applications multiples : ils vont d’une compréhension plus personnalisée des habitudes de consommation d’un client à l’identification plus rapide de fraudes, en passant par l’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer le transport dans une région donnée.

Pour soutenir les organisations québécoises dans ces changements, HEC Montréal compte plusieurs unités de recherche qui s’intéressent au Big Data et à la révolution numérique, notamment quatre chaires de recherche du Canada (distributique, gestion des risques, logistique et transport ainsi que prise de décision en incertitude) et la Chaire d’exploitation des données. Les chercheurs de HEC Montréal sont aussi des contributeurs importants au Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT) et au Groupe d’études et de recherche en analyse des décisions (GERAD).

Les expressions « science de la décision », « intelligence d’affaires », « ingénierie financière » ou « analytique d’affaires » font donc partie de notre vocabulaire, voire de nos gènes, depuis de nombreuses années. Dans ces domaines, l’École regroupe de nombreux experts qui enseignent à tous les niveaux, du premier au troisième cycle universitaire, et qui évoluent au sein de groupes de recherche réputés. Nous proposons d’ailleurs plusieurs spécialisations, dont un tout nouveau certificat en analytique d’affaires qui sera offert dès l’automne 2016.

C’est justement cette motivation constante à contribuer à l’essor des entreprises qui nous pousse sans cesse à vouloir nous dépasser !

Photo: Jocelyn Michel