Dès leur plus jeune âge, ils rêvaient de démarrer leur propre entreprise. Une fois diplômés, c’est dans le secteur des boissons alcoolisées que leur radar s’est arrêté. Rencontre avec trois jeunes entrepreneurs pour qui prendre un verre signifie aussi avoir du succès en affaires.

STEVENS CHARLES

STEVENS CHARLES
(B.A.A. 2006) 34 ans,
président fondateur, LS Cream Liqueur
HONORER
SES ORIGINES

À six ans, il réalisait ses propres bandes dessinées qu’il photocopiait au dépanneur et vendait à ses camarades de classe. « J’ai toujours eu ce profil d’entrepreneur, soutient le jeune homme. Quand je suis entré à HEC Montréal, c’était surtout pour répondre aux attentes de ma famille qui, après avoir émigré à Montréal en provenance d’Haïti, a fait de gros sacrifices pour moi. Leur plus grande fierté était que je puisse avoir une bonne éducation. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire en entrant à l’École, mais je savais toutefois que j’allais un jour avoir ma propre entreprise. »

LS Cream
Stevens Charles a vu juste. Aujourd’hui, il commercialise le « crémasse », une boisson alcoolisée à la crème qu’il considère comme l’un des derniers joyaux cachés de la culture haïtienne. « Tous les Noël, j’ai vu des grand-mères et des tantes concocter le crémasse pour tout le monde. En grandissant, je me suis demandé pourquoi on ne pouvait pas se le procurer en magasin plutôt que de passer des heures à le fabriquer. J’ai donc commencé mes recherches en décembre 2011 pour créer le premier crémasse élaboré de façon industrielle. »
Gagnante d’une médaille d’or à Las Vegas en mars 2014, la boisson LS Cream est aujourd’hui distribuée dans le réseau de la SAQ et aux États-Unis, dans les États de New York et de la Floride. www.creamls.com

Véronique Hupin

VÉRONIQUE HUPIN
(MBA 1999) 44 ans, copropriétaire,
Vignoble Les Pervenches
VIRER AU VERT

PervenchesAprès avoir grandi sur une ferme laitière et rejeté, à l’adolescence, tout ce qui avait trait à la campagne, Véronique Hupin mène aujourd’hui une vie de vigneronne en Estrie. En avril 2000, âgée de 26 ans et tout juste diplômée, elle décide d’acheter un petit vignoble avec son mari agronome, Michael Marler. « Les quatre premières années, j’ai travaillé à l’extérieur pour assurer une rentrée d’argent stable, pendant que Michael se consacrait entièrement au vignoble. » Dès 2006, le Vignoble Les Pervenches prend un virage biologique. « À l’époque, notre objectif était d’avoir les meilleurs raisins, explique-t-elle.
Il n’y avait donc aucun aspect marketing ou commercial derrière cette décision. C’était un choix très personnel. Le vignoble, c’est notre jardin, la terre que nous allons léguer à nos enfants. »
Plusieurs fois primés, leurs vins figurent aujourd’hui sur la carte d’une centaine de restaurants québécois, dont le réputé Toqué! Ainsi, près de 50 % de leur production est dédié à la restauration et l’autre moitié est vendue sur place, au vignoble. Le couple songe à faire son entrée dans les épiceries et caresse le rêve d’acquérir un hectare de vigne dans le sud de la France. Il évite toutefois les idées de grandeur et l’éparpillement : « C’est une question de qualité de vie, mais aussi de qualité du produit, précise la vigneronne. Nos vins sont bons parce que nous avons recours à des méthodes à la fois novatrices et traditionnelles, et aussi parce que nous savons ce que nous faisons. » www.lespervenches.com

David CayerDAVID CAYER
(M. Sc. Gestion internationale 2009)
34 ans, chef de l’exploitation,
Groupe Glutenberg
VISER L’EXCELLENCE

Après le dépôt de son mémoire sur les enjeux environnementaux, il décide de se lancer en affaires avec un ami dans un domaine connexe : la distribution de produits écologiques destinés principalement à la restauration. « Un an plus tard, ça ne marchait pas très bien. Nos options étaient de redevenir salariés dans une grande entreprise ou de démarrer un autre projet. Nous avons décidé de nous donner une deuxième chance. » L’intolérance au gluten de son partenaire est devenue le point de départ de leur second projet : développer une bière sans gluten de haute qualité. « Il n’y en avait pas sur le marché; c’est donc l’occasion d’affaires bien plus que la passion pour la bière qui a motivé notre choix. Nous avons fait appel à un brasseur déniché sur Facebook qui est encore aujourd’hui notre maître-brasseur. Après plusieurs dizaines de brassins dans son sous-sol, nous avons obtenu la première blonde qui nous donnait satisfaction. C’était en 2011. »

Glutenberg

Aujourd’hui, on parle du « Groupe » Glutenberg, qui comprend la microbrasserie Glutenberg, l’entreprise de distribution Transbroue et la Brasserie et distillerie Oshlag. « Tant que les synergies seront bonnes entre nos entreprises, nous miserons sur la concertation, les acquisitions et les intégrations verticales ou horizontales pour assurer notre croissance. Depuis le tout début, nous n’avons jamais cessé d’innover; nous sommes toujours à l’avant-garde et nous faisons encore les meilleurs produits dans notre créneau. » www.glutenberg.ca

Photos : Abelle Photographie et Ariel Tarr (portraits) – LS Cream Liqueur, Groupe Glutenberg et Vignoble Les Pervenches (produits).