Incursion dans trois parcours en affaires « liquides »: le vin, le café et la bière.

TAÏNA CHALIFOUX
(B.A.A. 2014) 25 ans, cofondatrice, Incas Di Napoli, Montréal
DES COCKTAILS AU CAFÉ

TAÏNA CHALIFOUX1 En avril 2015, Taïna Chalifoux se présente à l’émission Dans l’œil du dragon pour obtenir 40 000 $, en échange de 20 % de sa toute jeune entreprise de vente et de distribution de machines à espresso haut de gamme et de café importés d’Italie. Les cinq dragons craquent pour ses produits, pour son plan d’affaires et pour sa fougue entrepreneuriale. Deux d’entre eux, Mitch Garber et Martin-Luc Archambault, gonflent la mise et s’engagent à investir ensemble 60 000 $ contre 20 % d’Incas Di Napoli.

« Mon passage à l’émission a provoqué une véritable explosion des ventes et des demandes. Des gens veulent devenir agents. Cette croissance rapide pourrait nécessiter un investissement encore plus élevé, pour répondre notamment à ces demandes et embaucher du personnel. »

Jusque-là, Taïna avait comme objectif de vendre assez pour se verser un salaire et payer son loyer. Elle doit maintenant apprendre à déléguer et peut-être, aussi, à s’endetter. Pas son genre. Tout en menant ses études universitaires, elle a accumulé 25 000 $ en louant les trois autres chambres de son logement et en travaillant chaque semaine dans quatre bars différents.

À sa sortie de l’École, elle a investi ce précieux coussin dans l’achat de cafetières et de café. Cinq mois
après le démarrage d’Incas Di Napoli, elle cumulait déjà 46 000 $ de ventes.

Le terrain suscite de nouvelles questions chez la jeune entrepreneure. Elle doit notamment apprendre à négocier des partenariats et à gérer les relations avec les fournisseurs et les clients. Elle peut toutefois compter sur les conseils de son mentor, Claude Tardif, ancien vice-président international chez Manufacturiers et exportateurs du Québec.
www.dinapoli.ca

Photo : Ariel Tarr

JEAN-FRANÇOIS GENEST
(B.A.A. 2004) 37 ans, directeur général, La Barberie, Québec
DES LIVRES À LA BIÈRE

JEAN-FRANÇOIS GENEST2 Jean-François Genest a grandi dans le commerce de ses parents, la Librairie Sélect, en Beauce. Il fait des études de technicien-comptable avant d’obtenir son diplôme à HEC Montréal. Il achète ensuite l’entreprise familiale avant de devenir directeur général d’une microbrasserie. Un parcours sans histoire ? Pas du tout !

« Après le cégep, j’ai voyagé pendant près de six mois, si bien que j’ai raté la rentrée à l’université, raconte-t-il. Je suis allé travailler dans la construction à Atlanta. » De retour à Montréal, un coup de foudre change la donne. Pour se rapprocher de sa douce, il retourne aux études.

Son histoire d’amour ne dure pas, mais sa formation sur le modèle coopératif explique en partie qu’en 2013, il passe des livres à la bière. En partie seulement, puisque l’amour fait à nouveau bifurquer sa carrière. « Quand j’ai rencontré ma conjointe et mère de nos enfants, elle vivait à Montréal et on se retrouvait à Québec. J’ai progressivement diminué les heures passées à Saint-Georges et je suis entré chez Pantoute, la librairie du Vieux-Québec. Quand cette entreprise a été vendue, La Barberie cherchait un directeur général et j’ai postulé, parce que c’est une coop qui se trouve à 10 minutes de la maison », explique-t-il sans détour. Fondée il y a 18 ans, La Barberie est la plus ancienne coopérative de travail microbrassicole du Québec. Elle compte 24 employés, dont 14 copropriétaires. Forte de ses 340 recettes, elle occupe le troisième rang des microbrasseries qui offrent la plus vaste gamme de bières en province. À son arrivée, Jean-François a priorisé la consolidation et l’organisation du travail.

« J’ai toujours eu à cœur d’être au service des gens plutôt que de me servir d’eux. Le modèle coopératif représente une belle façon de le faire », souligne-t-il.
labarberie.com

Photo : La Barberie

SANDRINE BALTHAZARD
(B.A.A. 2011) 33 ans, vice-présidente exécutive, Vins Balthazard, Île-des-Sœurs
DU SPORT AU VIN

3 Sandrine Balthazard n’a que huit ans lors de sa première tournée vinicole. Elle accompagne alors ses parents, les fondateurs de l’agence Vins Balthazard. Après des études en arts et lettres à Paris, elle décroche, à HEC Montréal, un B.A.A. par cumul de certificats, dont un en commerce de détail et distribution. « Même mon nom de famille me prédestinait à travailler dans le secteur du vin, puisque le terme “balthazar” désigne la bouteille de champagne de 12 litres », souligne-t-elle en riant.

À l’École, elle réalise un plan d’affaires pour lancer une version moderne du salon de barbier. Toutefois, ce projet ne verra jamais le jour, car le Canadien de Montréal la « repêche » en 2005 comme coordonnatrice du marketing et animatrice de foules lors des matchs de hockey. « J’ai adoré cette organisation, mais en 2009, j’ai réalisé que j’avais trop la fibre entrepreneuriale pour y rester. Je suis donc devenue copropriétaire des Vins Balthazard, avec mon frère Maxime. »

Depuis, la jeune femme a principalement veillé à parfaire l’image de l’entreprise. On lui doit notamment les pastilles Vins Balthazard apposées sur les bouteilles vendues à la Société des alcools et en importation privée, ainsi que les capsules Web qui proposent des accords vins-recettes de grands chefs québécois qui sont diffusées cet automne dans La Presse+ et sur YouTube.

« Mon frère et moi faisons croître l’entreprise, mais notre plus grande fierté est d’avoir préservé des liens étroits avec notre famille et les relations quasi familiales que nous entretenons avec les producteurs de nos vins. Nous voulons grandir sans nous éparpiller, dans le respect de tout le travail accompli par nos parents », résume-t-elle.
vinsbalthazard.com

Photo : Patrick Baudry