Sophie Briand, directrice des opérations à la Direction de la recherche et du transfert de HEC Montréal depuis 2013, fait partie des gestionnaires de haut niveau dépêchés par la Croix-Rouge pour diriger des interventions d’aide humanitaire en situation d’urgence.

« En contribuant à redonner leur dignité à des gens qui ont tout perdu, je me sens utile. C’est très inspirant de voir leur courage et leur résilience », résume-t-elle au retour d’une mission d’un mois à Katmandou, au Népal, où elle a travaillé comme chef d’équipe adjointe pour un hôpital construit par la Croix-Rouge après le tremblement de terre. En mai 2014, elle a dirigé une équipe qui offrait de l’aide psychologique aux victimes du séisme au Chili.

La double vie de Sophie

« Pendant mon baccalauréat à HEC Montréal, j’avais déjà en tête l’international. »

« Pendant mon baccalauréat à HEC Montréal, j’avais déjà en tête l’international », raconte cette récipiendaire de la Médaille du Gouverneur général en 2001 pour sa haute moyenne cumulative. L’année suivante, le British Council lui décerne une bourse d’études à la London School of Economics and Political Sciences. Elle en ressort en 2003 avec une maîtrise en développement.
Après Londres, elle contribue à des projets de développement au Brésil et au Swaziland, puis devient consultante sénior chez Raymond Chabot Grant Thornton, à Montréal.

En coulisse

(1) Mission menée au nord du Chili à la suite d’un puissant séisme survenu en avril 2014. (2) et (3) Planification d’une intervention d’urgence visant à enrayer une épidémie de choléra amplifiée par les inondations causées par l’ouragan Tomas, qui a frappé Haïti en novembre 2010. Rappelons que le pays tentait alors de se relever d’un tremblement de terre majeur survenu en début d’année.

En 2010, elle est embauchée comme directrice des opérations du bureau de la Croix-Rouge à Léogane, en Haïti. À 33 ans, elle prend la tête d’une équipe qui compte jusqu’à 700 employés chargés de construire 5 000 maisons.
« Gérer en situation d’urgence, c’est analyser rapidement et décider sans nécessairement avoir tous les éléments, mais il faut aussi être à l’écoute de son équipe sur le terrain et être capable de modifier sa décision. » Pendant son mandat haïtien, elle a fait face à deux ouragans, une épidémie de choléra et la criminalité. « Assurer la sécurité de tous a été ma plus grande préoccupation », confie-t-elle.
Depuis, elle préfère œuvrer pour la Croix-Rouge plutôt que pour les autres organisations d’aide humanitaire. « On y trouve à la fois les forces du secteur privé, comme l’efficience dans l’utilisation des ressources et la capacité de prendre rapidement des décisions, et celles des ONG traditionnels, comme l’engagement auprès des personnes démunies, explique-t-elle. J’ai aussi choisi HEC Montréal pour ses valeurs. Mon équipe soutient la recherche et le transfert de connaissances qui font avancer la société. »
Même si son emploi actuel limite ses interventions à l’étranger, elle a trouvé un autre moyen d’être utile : elle fait partie de l’équipe de bénévoles de la Croix-Rouge à Montréal, disponibles sur appel 24 heures sur 24 pour venir en aide aux victimes d’incendie.

Photo de Sophie Briand : Ariel Tarr