Le parcours atypique de trois jeunes entrepreneurs déterminés à séduire à coups de parfums, d’exotisme et de sensualité.

Alexis Dionne
(B.A.A. Management et marketing, 2002)
36 ans, cofondateur, Essence Glacier
DU MEUBLE AUX SORBETS

Alexis Dionne1 Alexis Dionne a toujours eu la piqûre pour l’entrepreneuriat. « À la fin de mes études, j’ai essayé de me caser dans des emplois plus traditionnels, mais j’ai dû me rendre à l’évidence : ça ne me convenait pas. Pour m’épanouir, j’avais besoin de créer du neuf. »

Alexis Dionne lorgnait le marché de l’alimentation sans trop savoir dans quel créneau se lancer lorsqu’il a rencontré Jean-Marc Guillot, un maître chef glacier pâtissier qui a déjà remporté le titre de Meilleur Ouvrier de France. « Jean-Marc m’a fait goûter ses glaces et ses sorbets, et j’ai tout de suite compris que je venais de trouver ma voie. Nous nous sommes associés et avons lancé Essence Glacier. »

Rapidement, l’entreprise prend son envol. Dans sa toute nouvelle usine de 10 000 pieds carrés construite avec le soutien d’investisseurs privés, d’Investissement Québec et de la Banque de développement du Canada, la PME commercialise aujourd’hui une vingtaine de produits fins qu’elle distribue dans quelque points de vente.

« Notre capacité à innover est ce qui nous distingue de la concurrence et qui nous aidera à séduire le marché américain d’ici 2017 », pense Alexis Dionne. Tout porte donc à croire que l’entrepreneur se remettra à voyager !
www.essenceglacier.com

FELIPE GALLON
(B.A.A. Entrepreneuriat, 2001)
41 ans, fondateur, Solo Fruit, Montréal
LES FRUITS DE LA PERSÉVÉRANCE

FELIPE GALLON2Felipe Gallon n’avait pas terminé ses études à HEC Montréal qu’il présentait déjà à divers concours le plan d’affaires d’une organisation qui allait se spécialiser dans la fabrication de jus exotiques.

Son plan fait alors un tabac. Si bien que le jeune homme d’origine colombienne réunit rapidement la moitié de l’argent nécessaire pour fonder Caribbean Juice. Mais en 2001, peu de temps après son démarrage, la PME fait face à un problème majeur : l’estomac des consommateurs québécois tolère très mal le produit trop concentré et exotique que l’entrepreneur propose, et ce dernier reçoit de nombreuses plaintes.

« J’ai dû me retourner sur un dix sous pour passer à la phase 2 de mon plan, note-t-il. J’ai retiré mes 100 000 bouteilles de jus des tablettes et converti leur contenu en sorbets que j’ai distribués dans le milieu de la restauration. » Ce virage lui sourit; il entreprend progressivement de fabriquer des sorbets, puis des glaces, pour de grands clients comme Metro, Costco et Saint-Hubert. Jusqu’à ce qu’en 2009, la flambée du prix des framboises et l’obligation d’honorer certains gros contrats entraînent sa faillite.

Une fois de plus, Felipe Gallon refuse de baisser les bras. La nouvelle PME, qu’il baptise « Solo Fruit », met peu de temps à reconquérir de grands clients de l’alimentation et à se distinguer par la qualité de ses produits. En 2010, elle remporte d’ailleurs le Grand Prix Tendances et Innovations lors du Salon international de l’alimentation pour ses sorbets 100 % fruits.
www.solofruit.com

JULIEN LEBUIS
(B.A.A., Entrepreneuriat, 2010)
29 ans, cofondateur, Les Givrés
NÉ DANS LES GLACES

JULIEN LEBUIS3Si Obélix est tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit, Julien Lebuis, lui, est tombé dans la sorbetière : en 1982, ses parents fondent Le glacier Bilboquet, véritable institution à Outremont. À la fin des années 2000, le jeune homme, qui étudie l’entrepreneuriat à HEC Montréal, rêve d’investir le secteur avec sa propre entreprise. « J’ai élaboré le plan d’affaires des Givrés dans le cadre de mon programme d’études.

Avec mes futurs associés, Martin Maheux-Picard, expert en glaces, et Alexandre Deslauriers, diplômé en pâtisserie, je l’ai ensuite présenté à plusieurs concours. Les bourses que nous avons remportées et nos économies nous ont permis de lancer notre premier magasin en 2011, à Montréal. »

Dès le départ, Les Givrés mise sur la qualité et sur le caractère local de ses produits. « Par exemple, nos pâtes de pistache sont faites maison, nos cornets sont servis dans la semaine où nous les fabriquons et nos framboises, québécoises à 100 %, sont transformées en purée le jour où elles sont cueillies, souligne-t-il. De plus, pour fabriquer nos glaces, nous recourons à une machine coûteuse que nous avons importée. »

Les Givrés est aujourd’hui présente dans une centaine de bars laitiers, de restaurants et d’épiceries, et a aussi ouvert un deuxième comptoir montréalais. La prochaine étape ? « Nous jonglons avec l’idée d’offrir des franchises. Plusieurs personnes nous ont abordés à ce sujet. L’une d’elles venait même de Boston ! »
www.lesgivres.ca

Photos : Ariel Tarr (portraits) – Essence Glacier, Eric Soulier, Les Givrés (produits).