En juin dernier, j’amorçais avec grand enthousiasme mon premier mandat à titre de directeur de HEC Montréal. Bien que certains d’entre vous me connaissent déjà puisque j’ai occupé différentes fonctions à l’École au cours des 25 dernières années, j’aimerais profiter de ce premier billet pour faire plus ample connaissance. Pour vous parler notamment de ma vision, des valeurs qui m’animent et des défis que nous aurons à relever au cours des prochaines années.

Sur un plan plus personnel, je suis marié depuis 28 ans et père de cinq enfants qui ont entre 14 et 27 ans. J’ai grandi à Ville d’Anjou auprès d’une mère québécoise d’origine irlandaise et d’un père italien. C’est dire à quel point la conciliation et la diversité ont toujours fait partie de ma vie ! Rapidement, j’ai saisi qu’il n’y a pas nécessairement de meilleur chemin à emprunter ou de meilleure façon de faire les choses : il y a juste plusieurs modèles qui varient, selon les cultures.

« À HEC MONTRÉAL, C’EST NOTRE MÉTIER D’INNOVER, DE SUIVRE LES PRINCIPAUX CHANGEMENTS QUI TOUCHENT L’ÉCONOMIE ET DE FORMER LES DIRIGEANTS POUR QU’ILS EN TIRENT PLEINEMENT PROFIT. »

Federico PasinCe goût pour la « mixité » explique peut-être aussi pourquoi, après des études doctorales en génie à l’École Centrale Paris, je suis devenu professeur à HEC Montréal, une école de gestion ! Avec le temps, j’ai aussi réalisé à quel point cette ouverture à l’autre constituait une incroyable richesse. Si bien qu’aujourd’hui, je porte la conviction profonde que le monde de la gestion a tout avantage à miser sur une approche plus holistique pour remplir pleinement sa mission.
Ainsi, je suis d’avis que la formation d’un gestionnaire doit désormais aller bien au-delà de la finance, de la comptabilité ou du marketing. Un bon gestionnaire doit être extrêmement équilibré, car il sera plus que jamais appelé à diriger ou à travailler avec des gens aux origines et aux manières de penser très diverses qui seront souvent bien plus compétents que lui dans des domaines bien spécifiques. Il a donc tout intérêt à s’ouvrir aux autres, à faire preuve de curiosité, à s’appuyer sur une solide culture générale, à parler plusieurs langues, à développer son écoute et même, à détenir quelques notions de psychologie.
Par extension, pour demeurer pertinente et éviter que son enseignement se fasse ailleurs, notre École devra s’ouvrir et se connecter à une multitude d’environnements. Nous devons donc nous assurer que les ingénieurs, les chimistes, les pharmaciens ou tout autre spécialiste se tournent vers nous lorsqu’ils ressentent le besoin d’acquérir des compétences en gestion et de se maintenir à jour sur les grands enjeux qui peuvent affecter leurs décisions. À HEC Montréal, c’est notre métier d’innover, de suivre les principaux changements qui touchent l’économie et de former les dirigeants pour qu’ils en tirent pleinement profit.

VISION, VALEURS ET VOLONTÉ

Pour m’aider à relever les défis à venir, je suis entouré d’une solide équipe de direction qui permettra à l’École de poursuivre sa mission première : exceller en recherche et en enseignement. Ces douze alliés, choisis non seulement en raison de leurs compétences et de leur grande crédibilité mais aussi de leurs valeurs, aspirent, tout comme moi, à bâtir des consensus en faisant preuve de respect, de transparence et d’intégrité. Pour encore plus de complémentarité, nous pouvons aussi compter sur une diversité en matière d’âges, de genres et de points de vue.
Toujours dans cet esprit de miser sur la collaboration pour enrichir le débat, nous avons entrepris un vaste exercice de consultation par lequel nous avons convié la communauté HEC Montréal – membres du personnel, étudiants, diplômés et partenaires – à réfléchir à l’avenir de notre École. Ensemble, nous nous sommes demandé comment consolider nos acquis, canaliser nos forces et améliorer nos pratiques, afin de répondre encore mieux aux besoins de notre société. Toutes les idées, suggestions et même remises en question ont été entendues et serviront à élaborer notre plan stratégique.
Bien sûr, plusieurs défis nous attendent au cours des prochaines années, mais les occasions à saisir pour se distinguer sont également nombreuses. Je pense notamment aux avancées que nos chercheurs réalisent déjà en science des données, aux solides partenariats que nous tissons en intelligence artificielle et à tout l’écosystème que nous mettons en place dans ce domaine pour que ces nouvelles connaissances puissent véritablement profiter à la société.
Ainsi, depuis juin dernier, je prends encore plus toute la mesure de cette grande institution qui, malgré son âge vénérable, a toujours su se réinventer pour demeurer pertinente et novatrice. Ces constats me remplissent de fierté et me donnent encore plus envie de continuer à la servir avec énergie et passion. ∙