Devenir entrepreneur requiert une foule de connaissances et surtout du temps. Depuis quelques années, les programmes entrePrism et l’Accélérateur Banque Nationale de HEC Montréal permettent aux étudiants de combiner ces deux exigences. L’École a d’ailleurs été le premier établissement au Québec où l’on peut être soutenu dans la création de son entreprise tout en poursuivant ses études universitaires.

Conçu pour des entrepreneurs en devenir, entrePrism se veut un programme à l’image du Québec : ouvert et inclusif. L’un de ses objectifs : bâtir des ponts entre les entrepreneurs nés au Québec et ceux qui sont issus des diverses communautés culturelles. « Notre programme a été reconnu par l’OCDE comme un modèle d’intégration, déclare fièrement Manaf Bouchentouf, directeur exécutif et de l’accompagnement au Pôle entrepreneuriat, repreneuriat et familles en affaires de HEC Montréal. Nos groupes sont composés de 60 % d’immigrants et de 40 % de natifs. À ce jour, nos cohortes ont compté jusqu’à 25 nationalités différentes dans une quinzaine de secteurs d’activité. »
Au cours des huit mois que dure le programme, les entrepreneurs sont invités à participer à une soixantaine d’activités : rencontres de réseautage, coaching, présentations juridiques, ateliers de financement… « Nous touchons aux trois formes de savoir : le savoir enseigné par le corps professoral, le savoir-faire développé par des experts et des firmes-conseils, et le savoir-être pour lequel sont mobilisés des dirigeants d’entreprise », explique le directeur.
Au terme du processus, les étudiants inscrits à la maîtrise peuvent cumuler neuf crédits et valider leur projet d’entreprise. C’est le chemin qu’a décidé de prendre Anne-Catherine Lebeau (M. Sc. en management des entreprises culturelles 2019), cofondatrice et codirectrice d’Écosceno. Unique en son genre, cette coopérative a pour but de revaloriser les déchets issus des productions culturelles. « J’y ai finalisé mon étape d’idéation et je suis allée y puiser des connaissances légales et financières, ce qui a contribué à mieux m’outiller », précise-t-elle.

Démarrer son entreprise

PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE

L’Accélérateur Banque Nationale s’adresse quant à lui aux PME qui possèdent un potentiel de croissance et qui visent l’exportation. « On touche aux aspects techniques, technologiques, financiers et stratégiques des entreprises pour les faire grandir, explique Manaf Bouchentouf. Notre ambition est de les amener à l’international pour vendre plus vite et mieux. »
Les trois mois que dure le programme sont intenses et atteignent des niveaux élevés sur le plan de la formation, puisque 60 activités y sont prévues. Quelques missions gouvernementales ont d’ailleurs figuré au programme des années antérieures. « Nous sommes allés en France, en Allemagne et au Japon avec des délégations officielles », souligne Manaf Bouchentouf.
Même s’il se veut multisectoriel, l’Accélérateur, depuis sa création, a attiré davantage d’entrepreneurs liés au domaine des technologies. À cet égard, Florence Montuoro-Kervin (M. Sc. en gestion 2019), cofondatrice du festival Gueule d’érable, fait figure d’exception. « L’Accélérateur a pour objectif de nous projeter dans l’avenir, raconte celle qui vise à établir une édition de son festival à Paris. Lorsque nous sommes allés au Japon, nous avons réalisé que nous n’étions pas encore prêts pour ce marché, mais cette expérience nous a aidés à préparer notre plan d’exportation. Bref, cette formation « deux dans un » m’a offert l’occasion de terminer ma maîtrise tout en donnant de solides fondations à mon entreprise », conclut l’entrepreneure. ∙

Illustration : VectorStock