Leur cheminement dans le milieu des affaires a fait germer le désir de concevoir de nouveaux produits ou de créer de nouvelles applications pour des technologies existantes. Leur façon unique de voir les choses leur a permis de combiner avec succès génie créatif et entrepreneuriat. Rencontre avec trois diplômés qui tracent de nouvelles voies.

Anne-Sophie Riopel-Bouvier

ANNE-SOPHIE RIOPEL-BOUVIER
(B.A.A. 2014, Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal 2014)
27 ans, cofondatrice d’EXO Tactik
VU D’EN HAUT

EXO-TactikDès son jeune âge, Anne-Sophie Riopel-Bouvier se passionne pour l’aviation : « J’ai obtenu ma licence de pilote de planeur à 16 ans et celle d’avion motorisé à 17 ans. » Aujourd’hui, tout en jouant un rôle clé au sein d’EXO Tactik, elle est lieutenant, instructeur de planeur et officier de sécurité des vols dans les Forces armées canadiennes, et administratrice de l’Association nationale des opérateurs de véhicules téléguidés. « Vivre de l’aviation, c’est clairement ce qui m’intéressait. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre. »

Il y a six ans, son père lui propose de s’associer pour lancer EXO Tactik, une entreprise qui utilise des drones pour fournir un point de vue aérien aux intervenants d’urgence : policiers, pompiers, sécurité civile, etc. Il voyait en sa fille un potentiel de collaboration porteur en raison de son grand intérêt pour l’activité aérienne et de ses compétences acquises au sein des Forces. « J’étais encore aux études et grâce au Parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux et à l’Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal, on a pu revoir chaque partie du plan d’affaires », poursuit la jeune entrepreneure. Dans une industrie qui carbure à l’innovation, il faut constamment se renouveler : « Pour se démarquer de la concurrence et dénicher de nouveaux clients, il faut faire preuve de créativité en continu, comme si nous étions toujours en mode start-up. Ce n’est pas un marché facile, mais la perspective d’aider des gens me donne la motivation nécessaire pour m’y investir chaque jour ».

exotactik.com

Harold Dumur

HAROLD DUMUR
(Génie alimentaire 2011, Accélérateur Banque Nationale –
HEC Montréal 2016)
33 ans, fondateur d’OVA
UNIVERS VIRTUEL, APPLICATIONS RÉELLES

OvaC’est en travaillant comme consultant à la BDC qu’Harold Dumur a pu constituer un fonds de démarrage pour lancer OVA et StellarX, sa plateforme intuitive. Mais c’est son passage à l’Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal qui a tout changé : « Grâce à ce programme, nous avons pu lever une partie de notre première ronde de financement ».

La Chine a joué un grand rôle dans le développement d’OVA, explique celui qui a passé une année à Beijing au sein de l’accélérateur ViveX. « HEC Montréal y voyait un grand marché pour nous et m’a donc aidé à remporter un concours de pitch lors du Sommet des jeunes entrepreneurs du G20 à Pékin, en 2016. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré notre premier investisseur chinois. »

Plus près de nous, la Marine royale canadienne, Hydro-Québec et Bombardier ont retenu les services d’OVA pour ses outils de création d’environnements virtuels à des fins de formation et de simulation. « C’est surtout dans les secteurs de la défense et de la sécurité que nous avons réalisé une percée. C’est très B2B comme application, mais ma vision à long terme est d’aller vers le B2B2C. Par exemple, qu’une entreprise en marketing l’utilise pour créer un environnement pour ses clients et que ces derniers puissent ensuite l’exploiter pour s’adresser directement au consommateur. »

Le fondateur d’OVA puise une partie de son inspiration dans les livres : « Shoe Dog, de Phil Knight, quoique très concret et loin du domaine des technologies, reste pour moi un exemple de persévérance et de résilience. Et lire The Hard Thing About Hard Things, de Ben Horowitz, m’a surtout montré que je ne suis pas le seul à vivre les hauts et les bas de l’entrepreneuriat. »

ova.ai

Éric Simoneau

ÉRIC SIMONEAU
(B.A.A. Marketing-entrepreneuriat 2005)
38 ans, PDG, Motion Composites
CHANGER LA VIE DES GENS

Motion Composites« C’était inscrit dans nos gènes. Dès notre entrée à l’université, nous avons voulu lancer notre entreprise », se rappelle Éric Simoneau en parlant de son partenaire, l’ingénieur David Gingras, et lui-même. Puis, au fil des recherches, le fauteuil roulant s’est imposé comme base de travail. « Rapidement, un mot clé s’est manifesté : légèreté ! Et comme on vouait un grand intérêt aux matériaux composites, on savait qu’on pouvait concevoir des fauteuils beaucoup plus légers. On en a fait notre mission : améliorer la qualité de vie des gens en fabriquant les meilleurs fauteuils roulants au monde. »

Depuis cinq ans, Motion Composites connaît une croissance annuelle de 46 %. En 2014, Profit 500 l’a même classée au 26e rang des entreprises connaissant la plus forte croissance au Canada. « Pour se démarquer, il faut trouver les meilleurs et les amener à adhérer à une culture d’entreprise qui leur permet de se réaliser, affirme le PDG. Tout le monde a accès aux mêmes ordinateurs et aux mêmes technologies, mais c’est notre équipe qui a fait toute la différence. »

Éric Simoneau ajoute que l’appui de mentors, la participation à divers concours et les nombreux prix et bourses obtenus au fil du temps ont aussi scellé le sort de Motion Composites.

motioncomposites.com

Photos : Ariel Tarr (portraits dʼAnne-Sophie Riopel-Bouvier et dʼHarold Dumur).