Lancé de manière presque artisanale il y a 10 ans, le Campus international (CI) de HEC Montréal est devenu une véritable institution. On y offre une façon unique d’internationaliser les décideurs de demain. Un nombre croissant d’étudiants et de professeurs veut désormais y participer. Portrait d’un cours pas comme les autres.

Cette année, l’Afrique du Sud, la Colombie et l’Union européenne comptent parmi les nouvelles destinations des campus internationaux de HEC Montréal. L’an prochain, plusieurs autres s’ajouteront au programme, notamment Singapour et la Malaisie.
Depuis 2006, par le biais de ce cours, près de 1100 étudiants du premier et du deuxième cycle, 25 professeurs et 28 accompagnateurs ont séjourné dans plus de 20 pays répartis sur les cinq continents.

La mondialisation par immersion

Et quels séjours ! Prendre part à un campus international, c’est s’immerger dans le monde des affaires internationales pour mieux saisir la culture d’entreprise de certaines industries. Bref, c’est se donner corps et âme pour acquérir une meilleure connaissance de la mondialisation des marchés.
« Ceux qui croient que participer à un campus international signifie s’asseoir au bord d’une piscine avec un cocktail seront déçus, souligne d’entrée de jeu Claude Desranleau, directeur de Campus sans frontières et l’un des artisans qui ont permis aux campus internationaux de se professionnaliser depuis 2009. Ça ressemble plutôt à une véritable mission commerciale dans les marchés les plus porteurs de l’économie mondiale. J’aime dire aux étudiants que le CI, ce “cours innovant d’apprentissage par l’expérience”, sera un moment marquant de leurs études à HEC Montréal. »

Car, oui, le plaisir est au rendez-vous. Mais attention : un étudiant qui participe à un campus international n’aura jamais déployé autant d’énergie pour obtenir trois crédits. Pour un séjour de 14 à 21 jours qui se déroule habituellement entre mai et août, nombre d’activités d’appropriation et de construction d’équipes (team building) sont organisées dès le mois de février par et pour les participants. Rien n’est laissé au hasard.
Tout ce travail en amont sert à préparer les participants, et surtout à définir quelles seront leurs tâches pendant leur séjour. Une fois arrivé à l’étranger, le véritable marathon commence. Visites d’entreprises, rencontres avec des gens d’affaires, des gestionnaires, des représentants des gouvernements ou des travailleurs, rédaction de blogues et de comptes rendus, présentations… La tâche est colossale, mais combien gratifiante !

Ari Van Assche

Ari Van Assche

Grâce à une préparation et à un encadrement solides, les séjours à l’étranger se déroulent sans anicroche ni incident diplomatique. Mais ce ne fut pas toujours le cas, comme en témoigne Ari Van Assche, directeur du Département des affaires internationales à HEC Montréal, professeur agrégé et l’un des instigateurs du premier campus international.

Flèche droite blanche

CONVENTUM ET SONDAGE

Le 2 novembre dernier, en marge du 10e anniversaire de sa création, le Campus international a organisé un conventum auquel les participants des années passées ont été conviés.
À cette occasion, les résultats d’un important sondage ont été dévoilés. Sondage auquel ont répondu 465 des 1072 étudiants qui ont participé à un campus international.
Selon cette enquête, 99 % des répondants recommanderaient le Campus international aux étudiants de HEC Montréal, 97 % jugent qu’il s’agit du moment le plus marquant de leurs études et 72 % affirment que sur le plan professionnel, le CI permet de développer la confiance et la capacité de travailler à l’étranger. Vous aspirez à un emploi outremer ou à brasser des affaires dans une lointaine contrée ? Le Campus international s’adresse peut-être à vous.

« Dans les premières années, un de nos groupes avait eu la chance d’être reçu par le directeur administratif et financier d’Alcatel, en Chine, raconte-t-il. À la fin de la présentation de ce gestionnaire, personne ne lui avait posé de questions; insulté, il avait quitté la salle précipitamment. Je me suis dit que plus jamais une telle situation ne se reproduirait. D’où l’attribution, depuis, de responsabilités à tous les étudiants, notamment l’obligation de mieux connaître les entreprises qu’ils visiteront et de bien préparer les questions à poser. Les étudiants doivent comprendre qu’ils sont des ambassadeurs de HEC Montréal. »

BEAUCOUP D’APPELÉS, PEU D’ÉLUS

Aujourd’hui, les campus internationaux sont en quelque sorte victimes de leur succès. Plus que jamais, étudiants et professeurs se bousculent au portillon pour y participer. Autrefois, c’était l’inverse. « Nous avons désormais le luxe d’être plus sélectifs, ce qui nous assure la participation de gens des plus motivés », affirme Claude Desranleau.
Pour ce cours, qui constitue une excellente carte de visite au moment d’envoyer son CV ou de passer une entrevue d’embauche, il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. « Être sensibilisé, au propre et au figuré, à la culture d’entreprise dans les autres pays et développer un réseau de contacts personnels sont la clé de bons échanges commerciaux », rappelle Claude Desranleau.

CLAUDE DESRANLEAU

quote noireÊTRE SENSIBILISÉ, AU PROPRE ET AU FIGURÉ, À LA CULTURE D’ENTREPRISE DANS LES AUTRES PAYS ET DÉVELOPPER UN RÉSEAU DE CONTACTS PERSONNELS SONT LA CLÉ DE BONS ÉCHANGES COMMERCIAUX. quote droite

Claude Desranleau

Claude Desranleau

« C’est important d’aller voir ailleurs pour s’inspirer et découvrir d’autres aspects de l’écosystème entrepreneurial, ajoute Arnaud Christodoulou (M. Sc. Management 2015), qui a participé au Campus international 2015 dans la Silicon Valley. Cette expérience fait rapidement passer notre réflexion à un autre niveau. »

Avis aux intéressés : pour participer à un campus international, il faut de bons résultats scolaires et une excellente lettre de motivation. À défaut d’avoir droit à une bourse, y participer coûte entre 1 500 et 3 000 $, mis à part les billets d’avion.Tout en continuant à améliorer leur produit – le seul d’une telle ampleur au Canada –, l’équipe de Campus sans frontières veut étendre cette formation à tous les programmes offerts à HEC Montréal.

Étudiants HEC Montréal

Un groupe d’étudiants de HEC Montréal sur la place Rouge, à Moscou, dans le cadre du Campus international Russie MBA 2012, sous la direction de la professeure Ekaterina Turkina.

Étudiants HEC Montréal

Un groupe d’étudiants de HEC Montréal visite une usine de Hyundai en Corée du Sud dans le cadre du Campus international Corée-Japon MBA 2009, sous la direction des professeurs Sylvain Landry et Louise Séguin-Dulude.

Photos: Bénédicte Brocard (Claude Desranleau) – iStock (illustration)