Au fil du temps, Karim Naouai est devenu d’une certaine façon « l’ambassadeur » du restaurant Le Cercle à HEC Montréal. Son charisme, mais surtout sa mémoire phénoménale ont fait de lui un personnage excessivement populaire sur tout le campus de l’Université de Montréal, et même auprès de plusieurs membres du Québec inc.

Mon truc, c’est que je n’apporte jamais mes problèmes personnels au travail et je garde une distance respectueuse avec les clients.

Jacques Nantel n’hésite pas à qualifier Karim Naouai de « personne exceptionnelle ». « C’est rare que j’utilise ce terme-là, affirme le professeur de marketing. Karim est un ambassadeur hors pair. Il a une mémoire prodigieuse des noms, des visages, des personnes et de leurs préférences. Si vous êtes allé au Cercle une fois ou deux, il se souviendra de votre nom et de ce que vous avez mangé ! »
Amièle Daigneault, maître d’hôtel au Cercle, se fait régulièrement « voler la vedette » par son serveur principal. « Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Ça explique pourquoi il arrive que des clients se tournent encore vers lui au lieu de moi lorsqu’ils ont une question. J’essaie de ne pas le prendre trop personnel », dit-elle en riant.

Karim Naouai

Photo : Émilie Nadeau

UNE FIDÉLITÉ À TOUTE ÉPREUVE

Depuis près de 20 ans, Karim Naouai travaille au restaurant Le Cercle, où des milliers de clients défilent tous les ans pour le petit-déjeuner ou le repas du midi. Ce serveur de 55 ans n’a pas que sa mémoire pour le servir : amical, poli, et surtout zen, tout le monde salue son grand professionnalisme.
« Je suis méditerranéen, explique ce Tunisien de naissance, marié à une Québécoise et père de deux enfants. C’est donc dans ma nature d’être très chaleureux avec les gens et de m’intéresser à eux. Mon truc, c’est que je n’apporte jamais mes problèmes personnels au travail et je garde une distance respectueuse avec les clients. »

Cette grande discrétion est d’ailleurs une condition sine qua non pour travailler au Club Saint-Denis, une salle attenante au Cercle où les décideurs et les développeurs du Québec se rencontrent régulièrement.
Ayant fait tous les métiers en hôtellerie au cours des 35 dernières années – de la plonge au ménage – avant de trouver sa vocation, Karim Naouai est un passionné. Il ne recule devant rien, pas même la maladie, pour venir travailler. Même un décollement de la rétine ne l’a pas ralenti. « Le lendemain de l’opération, je suis venu au travail. Pas question de rester à la maison ; j’aime beaucoup trop ce que je fais ! » ∙